2 00
A M E.
plus loin que nous, n’en ont pas moins été nos vain-queurs , nos législateurs, 8c que les disputes de l’écolen’ont pas plus de rapport au gouvernement que le ton-neau de Diogène n’en eut avec les victoires à'Alexandre.
Cette leçon vaut bien une leçon fur l’ame ; nousaurons peut-être plus d’une occasion d’y revenir.
Enfin, en adorant Dieu de toute notre ame, confes-sons toujours notre profonde ignorance fur cette ame,fur cette faculté de sentir 8c de penser que nous tenonsde fa bonté infinie. Avouons que nos faibles raifon-nemens ne peuvent rien ôter, rien ajouter à la révé-lation 8c à la foi. Concluons enfin que nous devonsemployer cette intelligence, dont la nature est incon-nue , à perfectionner les sciences qui font l’objet del’Encyclopédie, comme les horlogers emploient desressorts dans leurs montres, fans savoir ce que c’est quele ressort.
Section IV.
Sur l'ame b sur nos ignorances.
Xl est dit dans la Genèse: Dieu souffla au visage del'homme un souffle de vie , h il devint ame vivante; 8c l'amedes animaux ejl dans le Jung; Sc ne tuez point mon ame 8cc.
Ainsi l’ame était prise en général pour Forigine 8cla cause de la vie, pour la vie même. C’est pourquoicertaines nations croyaient, fans raisonner, que quandla vie se diffipait l’ame se dissipait de même.
Si l’on peut démêler quelque chose dans le chaosdes histoires anciennes , il semble qu’au moins lesEgyptiens furent les premiers qui eurent la sagacitéde distinguer l’intelligence Sc l’ame ; 8c les Grecs