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Tome trente-septieme.
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232 Ame.

que les corps ont Sc donnent du mouvement, 8c tudis force; tu vois ton chien de chasse apprendre foustoi son métier, 8c tu cries injlinâ, ame Jaisilive : tu asdes idées combinées, 8c tu dis ejprit.

Mais de grâce, qu’entends-tu par ces mots : Cettefleur végète ? mais y a-t-il un être réel qui s’appellevégétation ? ce corps en pousse un autre, maispossède-t-ilen foi un être distinct qui s’appelle force ? ce chien terapporte une perdrix, mais y a-t-il un être qui s’appelleìnjhnâ ? Ne rirais-tu pas d’un raisonneur ( eût-il étéprécepteur d ’Alexandre ) qui te dirait: Tous les ani-maux vivent, donc il y a dans eux un être, une formesubstantielle qui est la vie ?

Si une tulipe pouvait parler , Sc quelle te dît :Ma végétation 8c moi, nous sommes deux êtres jointsévidemment ensemble ; ne te moquerais-tu pas de latulipe ?

Voyons d’abord ce que tu fais, 8c de quoi tu escertain ; que tu marches avec tes pieds, que tu digèrespar ton estomac ; que tu sens par tout ton corps, &que tu penses par ta tête. Voyons si ta feule raison a pute donner assez de lumières pour conclure fans unsecours surnaturel que tu as une ame.

Les premiers philosophes , soit chaldéens , soitégyptiens , dirent : II faut qu’il y ait en nous quelquechose qui produise nos pensées ; ce quelque chose doitêtre très-subtil, c’est un souffle , c’est du feu , c’est del’éther , c’est une quintessence , c’est un simulacre léger,c’est une entéléchie , c’est un nombre , c’est uneharmonie. Enfin , selon le divin Platon , c’est uncomposé du même 8c de Vautre ; ce sont des atomes quipensent en nous, a dit Epicure après Démocrite. Mais ,mon ami, comment un atome pense-t-il ? avoue quetu n’en sais rien.