Band 
Tome trente-septieme.
Seite
233
JPEG-Download
 

Ame. 233

L’opinion à laquelle on doit s’attacher fans doute,c’est que l’ame est un être immatériel : mais certaine-ment vous ne concevez pas ce que c’est que cet êtreimmatériel ? Non, répondent les favans ; mais noussavons que fa nature est de penser. Et d’où le favez-vous ? Nous le savons, parce qu’il pense. O favans !j’ai bien peur que vous ne soyez austì ignoransqu’ Epicure ; la nature d une pierre est de tomber,parce qu’elle tombe ; mais je vous demande qui lafait tomber ?

Nous savons, pourfuivent-ils, qu’une pierre n’apoint dame. D’accord, je le crois comme vous. Noussavons qu’une négation 8c une affirmation ne fontpoint divisibles, ne font point des parties de la matière.Je fuis de votre avis. Mais la matière, à nous d’ailleursinconnue, possède des qualités qui ne font pas maté-rielles , qui ne font pas divisibles ; elle a la gravitationvers un centre que Dieu lui a donnée. Or cette gra-vitation n’a point de parties, n’est point divisible.La force motrice des corps n’est pas un être composéde parties. La végétation des corps organisés , leurvie, leur instinct ne font pas non plus des êtres à part,des êtres divisibles, vous ne pouvez pas plus couperen deux la végétation d’une rose, la vie d’un cheval,l’instinct d’un chien, que vous ne pourrez couper endeux une sensation, une négation, une affirmation.Votrebelargument, tiré de l’indivisibilitéde la pensée,ne prouve donc rien du tout.

Qu’appelcz-vous donc votre ame ? quelle idée enavez-vous ? Vous ne pouvez par vous-même , fansrévélation, admettre autre chose en vous qu’un pouvoirà vous inconnu de sentir, de penser.

A présent, ditçs-moi de bonne foi., ce pouvoir de