25 o Amour de Dieu.
des vers dans le style de l’abbé Colin , 8c de la prosedans le goût de Polichinelle? II est étrange que fauteurdu Télémaque 8c des froides amours d'Eucharis ait ditdanS ses Maximes des saints , d après le bienheureuxFrançois de Sales : J c n ai presque point de désirs ; maisfi fêtais à renaître je n en aurais point du tout. Si Dieuvenait à moi , j'irais aussi à lui ; s'il ne voulait pas venirà moi, je me tiendrais là ò n irais pas à lui.
C’est fur cette proposition que roule tout son livre;on ne condamna point S 1 François de Sales ; mais oncondamna Fénélon. Pourquoi ? c’est que François deSales n’avait point un violent ennemi à la cour dcTurin , 8c que Fénélon en avait un à Versailles.
Cequ’on a écrit de plus sensé sur cette controversemystique se trouve peut-être dans la satire de Boileausur l 'amour de Dieu , quoique ce ne soit pas assuré-ment son meilleur ouvrage.
Qui fait exactement ce que ma loi commandeA pour moi, dit ce Dieu, l’amour que je demande.
S’il faut passer des épines de la théologie à cellesde la philosophie qui sont moins longues 8c moinspiquantes, il paraît clair qu’on peut aimer un objetfans aucun retour fur soi-même, fans aucun mélanged’amour-propre intéressé. Nous ne pouvons comparerles choses divines aux terrestres . l’amour de Dieu àun autre amour. II manque précisément un infinid’échelons pour nous élever de nos inclinationshumaines à cet amour sublime. Cependant, puisqu’iln’y a pour nous d’autre point d’appui que la terre,tirons nos comparaisons de la terre. Nous voyons unchef-d’œuvre de l’art en peinture , en sculpture , en