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Tome trente-septieme.
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260 Amour socratique.

Plusieurs des nations germaniques eurent long-temps des lois écrites quiadmettaient 1a composition pour le meurtre. Solon te contenta donc dedétendre cette turpitude entre les citoyens k les esclaves ; les Athénienspouvaient sentir les motifs politiques de cette défense , & s’y soumettre :c’était d’ailleurs contre les esclaves seuls, 8c pour les empêcher de cor-rompre les jeunes gens libres , que cette loi avait été faite ; Sc les pèresde famille, quelles que fufíènt leurs moeurs , n’avaient aucun intérêt des’y opposer.

La sévérité des moeurs des femmes dans la Grèce, l'usage des bainspublics , la fureur pour les jeux où les hommes paraissaient nus ,conservèrent cette turpitude de mœurs , malgré les progrès de la société8c de la morale. Lycurgue , en laissant plus de liberté aux femmes , 8cpar quelques autres dc ses institutions , parvint à rendre ce vice moinscommun à Sparte que dans les autres villes de la Grèce.

Ouand les mœurs d’un peuple deviennent moins agrestes , qu’ilconnaît les arts , le luxe, les richesses, s’il conserve ses vices, il cherchedu moins à les voiler. La morale chrétienne, en attachant de la honteaux liaisons entre les personnes libres , en rendant le mariage indis-soluble , en poursuivant le concubinage par des censures , avait rendul’adultère commun ; comme toute espèce de volupté était égalementun ptche, il fallait bien préférer celui dont les fuites ne peuvent êtrepubliques : 8c par un renversement singulier, on vit de véritables crimesdevenir plus communs, plus tolérés, 8c moins honteux dans l'opi-nion que de simples faiblesses. Ouand les Occidentaux commencèrentà sc policer , ils imaginèrent de cacher l’adultère fous le voile de cequ'on appelle galanterie ; les hommes avouaient hautement un amourqu'il était convenu que les femmes ne partageraient point; les amansn’osaicnt rien demander, 8c c’ètait tout au plus après dix ans d’amourpur , de combats , de victoires remportées dans les jeux 8cc., qu’unchevalier pouvait espérer de trouver.un moment de faiblesse. Il nousreste assez de monumens de ce temps, pour nous montrer quelles étaientles mœurs que couvrait cette espèce d’hypocrìsie. 11 en fut de mêmeà peu près chez les Grecs devenus polis ; les liaisons intimes entredes hommes n’avaient plus rien de honteux ; les jeunes gens Munissaientpar des sermens, mais c’etait ceux dc vivre 8c de mourir pour la patrie ;on Rattachait à un jeune homme, au sortir de l’enfance, pour leformer , pour Tinstruire, pour le guider ; la passion qui se mêlait àces arailits , eiait une forte d’amour , mais d’amour pur. C’etaitseulement sous ce voile , dont la décence publique couvrait les vices,qu’ils étaient tolérés par l’opiniou.

Enfin , de même que l’on a souvent entendu chez les peuplesmodernes faire l’éloge de la galanterie chevaleresque , comme d’uneinstitution propre à elever l’ame, à inspirer le courage, on fit austìchez les Grecs reloge de cet amour qui unifiait les citoyens entr’eux.

Plaion dit que les Thébains firent une chose utile de le prescrire ,