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Tome trente-septieme.
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Amplification. 261

AMPLIFICATION.

O N prétend que c’eíl une belle figure de rhéto-rique ; peut-être aurait-on plus raison si on l’appelaittm défaut. Quand on dit tout ce qu’on doit dire, onn’amplifie pas ; 8c quand on l’a dit, si on amplifie ,

parce qu’ils avaient besoin de polir leurs mœurs , de donner plusd’activité à leur ame, à leur esprit engourdis par la nature de leurclimat 8c de leur fol. On voit qu’il ne s’agit ici que d’amitié pure. C’estainsi que , lorfqu’un prince chrétien fêlait publier un tournois onchacun devait paraître avec les couleurs de fa dame, il avait l'intentionlouable d’excitcr Témulation de fes chevaliers , 8c d’adoucir leurs mœurs;ce n’etait point Tadultère , mais seulement la galanterie qu'il voulaitencourager dans fes Etats. Dans Athènes, suivant Platon , on devait seborner à la tolérance. Dans les Etats monarchiques , il était utiled’empêcher ces liaisons entre les hommes ; mais elles étaient dans lesrépubliques un obstacle à rétablissement durable de la tyrannie. Untyran, en immolant un citoyen, ne pouvait savoir quels vengeurs ilallait armer contre lui ; il était exposé sans cesie à voir dégénérer enconspirations, les associations que cet amour formait entre les hommes.

Cependant, malgré ces idées si éloignées de nos opinions 8e de nosmœurs , cc vice était regardé chez les Grecs comme une débauchehonteuse, toutes les fois qu’il fe montrait à découvert, & fans l’excufede l’amitié ou des liaisons politiques. Lorsque Philippe vit sur lechamp de bataille de Chéronée , tous les soldats qui composaient lebataillon sacré , le bataillon des amis à Thèbes , tués dans le rang onils avaient combattu : Je ne croirai jamais , s’écria-t-il, que de Ji bravesgens aient pu faite ou souffrir rien de konteux. Ce mot d’un homme souillélui-même de cette infamie, est une preuve certaine de Topinion généraledes Grecs.

A Rome cette opinion était plus forte encore : plusieurs héros grecs,regardés comme des hommes vertueux, ont passe pour s’étre livrés à cevice , Sc chez les Romains on ne le voit attribué à aucun de ceuxdont on nous a vanté les vertus ; feulement il paraît que chez cesdeux nations on n'y attachait ni ridée de crime , ni même celle dedéshonneur, à moins de ces exccs qui rendent le goût même des femmesune passion avilissante. Cc vice est très-rare parmi nous, 8e il y feraitprefqu’inconnu fans les défauts de réducation publique.

Montesquieu prétend qu'il est commun chez quelques nations maho-métanes, à cause de la facilité d’avoir des femmes; nous croyons quec'cst difficulté qu’il faut lire.

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