Amplification. 265
Mais signalant bientôt toute son inconstance,
La mer en un moment se mutine & s’élance ;
L’air mugit, le jour fuit, une épaisse vapeurCouvre d’un voile affreux les vagues en fureur;
La foudre éclairant feule une nuit si profonde,
A sillons redoublés ouvre le ciel 8c Tonde ;
Et comme un tourbillon, embrassant nos vaisseaux,Semble en sources de feu bouillonner fur les eaux.Les vagues quelquefois, nous portant fur leurs cimes,Nous font rouler après fous de vastes abymes,
Où les éclairs pressés, pénétrant avec nous,Dansdes gouffres de feu semblaient nous plonger tous ;Le pilote effrayé, que la flamme environne,
Aux rochers qu'il fuyait lui-même s'abandonne.
A travers les écueils, notre vaisseau poussé,
Se brise 8c nage enfin sur les eaux dispersé.
On voit peut-être dans cette description le poètequi veut surprendre les auditeurs par le récit d’unnaufrage, 8c non le personnage qui veut venger sonpère 8c son ami , tuer le tyran d’Argos , 8c qui estpartagé entre Tamour 8c la vengeance.
Lorsqu'un personnage s’oublie, & qu’is veut abso-lument être poète, il doit alors embellir ce défaut parles vers les plus corrects 8c les plus élégans.
Ne voulut point tenter son retour dans Argos
Qjiil neûi interrogé Coracle de Délos.
Ce tour familier semble ne devoir entrer querarement dans la poésie noble. Je ne voulus point allerà Orléans que je neusfe vu Paris. Cette phrase n’estadmise , ce me semble , que dans la liberté de laconversation.
A défi jus es Joins on souscrivit sans peine.