Amplification. 269
est Yapparent rari riantes ? Ce n’est pas avec cettesécheresse qu on doit traduire l’Enéide. II faut rendreimage pour image, beauté pour beauté. Nous sesonscette remarque en faveur des commençans. On doitles avertir que Desfontaines n’a fait que le squeletteinforme de Virgile , comme il faut leur dire que ladescription de la tempête par Tidée est fautive 8cdéplacée. Tidée devait s étendre avec attendrissementsur la mort de son ami, 8c non sur la vaine descriptiond'une tempête.
On ne présente ces réflexions que pour l’intérêt defart, 8c non pour attaquer l’artiste.
Ubiplura nitent in carmine , non ego paucis
Offendor maculis.
En faveur des beautés on pardonne aux défauts.
Ouand j’ai fait ces critiques, j’ai tâché de rendreraison de chaque mot que je critiquais. Les satiriquesse contentent dune plaisanterie, d’un bon mot, d’untrait piquant ; mais celui qui veut s’instruire 8c éclairerles autres, est obligé de tout discuter avec le plusgrand scrupule.
Plusieurs hommes de goût, 8c entr’autres fauteurdu Télémaque, ont regardé comme une amplificationle récit de la mort à'Hippolite dans Racine. Les longsrécits étaient à la mode alors. La vanité d’un acteurveut se faire écouter. On avait pour eux cette com-plaisance ; elle a été sort blâmée. L’archevêque deCambrai prétend qu eThéramène ne devait pas , aprèsla catastrophe à'Hippolite, avoir la force de parler silong-temps ; qu’il se plaît trop à décrire les cornes mena-çantes du monstre, 8c Jes écailles javilissantes , 8c fa croupequife recourbe ; qu’il devait dire d’une voix entrecoupée :Hippolite ejl mort : un monstre l’a fait périr ; je íai vu.