270 Amplification.
Je ne prétends point défendre les écailles jaunis-santes 8c la croupe qui se recourbe ; mais en généralcette critique souvent répétée me paraît injuste. Onveut que Thèramène dise seulement : Hippolite ejl mort.Je íai vu , c en ejl fait.
L est précisément ce qu'il dit 8c en moins de mots
encore. Hippolite ne/l plus. Le père s’écrie ;
' Thèramène ne reprend ses sens que pour dire :
J’ai vu des mortels périr le plus aimable;
8c il ajoute ce vers si nécessaire, si touchant,si déses-pérant pour Thésée :
Et j’ose dire encor, seigneur, le moins coupable.
La gradation est pleinement observée, les nuancesse font sentir l’une après l’autre.
Le père attendri demande quel Dieu lui a ravi Jonfis, quelle foudre soudaine.... ? Et il n’a pas le couraged’achever ; il reste muet dans fa douleur ; il attendce récit fatal ; le public l’attend de même. Thèramènedoit répondre ; on lui demande des détails , il doiten donner.
Etait-ce à celui qui fait discourir Mentor 8c tous sespersonnages si long-temps, 8c quelquefois jusqu’à lasatiété , de fermer la bouche à Thèramène ? Quel estle spectateur qui voudrait ne le pas entendre , nepas jouir du plaisir douloureux d’écouter les circons-tances de la mort d’/si/^oà ? qui voudrait même qu’onen retranchât quatre vers? Ce n’est pas là une vainedescription d’une tempête inutile à la pièce ; ce n’estpas là une amplification mal écrite ; c’est la diction laplus pure 8c la plus touchante ; enfin c’est Racine.
On lui reproche le héros expiré. Quelle misérable