Amplification. 271
vétille de grammaire ! Pourquoi ne pas dire, ct hérosexpiré , comme on dit, il ejl expiré, il a expiré ? il fautremercier Racine d’avoir enrichi la langue à laquelle ila donné tant de charmes, en ne disant jamais que cequ’il doit , lorsque les autres disent tout ce qu’ilspeuvent.
Boileau fut le premier qui fit remarquer l’amplifi-cation vicieuse de la première scène de Pompée.
Quand les dieux étonnés semblaient se partager,Pharsale a décidé ce qu’ils n’ofaient juger.
Ces fleuves teints de sang, Sc rendus plus rapidesPar le débordement de tant de parricides ;
Cet horrible débris, d’aigles, d’armes, de chars,Sur ces champs empestés confusément épars ;
Ces montagnes de morts, privés <Phonneurs suprêmes,Que la nature force à fe venger eux-mêmes ;
Et dont les troncs pourris exhalent dans les ventsDe quoi faire la guerre au reste des vivans Scc.
Ces vers boursouflés font sonores : ils surprirentlong-temps la multitude , qui, sortant à peine de lagroffiéreté, Sc qui plus est de l’infipidité où elle avaitété plongée tant de siècles , était étonnée 8c ravied’entendre des vers harmonieux ornés de grandesimages. On n’en savait pas assez pour sentir l’extrêmeridicule d'un roi d’Egypte qui parle comme un éco-lier de rhétorique , d une bataille livrée au-delà dela mer Méditerranée , dans une province qu’il neconnaît pas , entre des étrangers qu’il doit égalementhaïr. Oue veulent dire des dieux qui n’ont osé jugerentre le gendre 8c le beau-père, 8c qui cependant ontjugé par l’événement, seule manière dont ils étaientcensés juger ? Ptolomée parle de fleuves près d’un