Ana, Anecdotes. 285
La nation espagnole n’a guère recours à des crimeshonteux; 8c les grands d'Espagne ont eu dans tous lestemps une fierté généreuse qui ne leur a pas permisde s’avilir jusque-là.
Si Philippe II mit à prix la tête du prince d 'Orange ,il eut du moins le prétexte de punir un sujet rebelle,comme le parlement de Paris mit à cinquante milleécus la tête de samiral Coligni; 8c depuis, celle ducardinal Mazarin. Ces proscriptions publiques tenaientde l’horreur des guerres civiles. Mais comment le ducde Lenne se serait-il adressé secrètement à un misérabletel qu e Ravaillac?
Bévue sur le maréchal d'Ancre.
Le même auteur dit que le maréchal d'Ancre & Jafemme surent écrasés , pour ains dire , par la foudre. L’unne fut à la vérité écrasé qu’à coups de pistolet, 8cl’autre fut brûlée en qualité de sorcière. Un assassinatSc un arrêt de mort rendu contre une maréchale deFrance; dame d’atour de la reine, réputée magicienne,ne font honneur ni à la chevalerie ni à la jurisprudencede ce temps-là. Mais je ne fais pourquoi l’historiens’exprime en ces mots : Si ces deux misérables n'étaientpas complices de la mort du roi, ils méritaient du moins lesplus rigoureux châlimens. II es certain que du vivant mêmedu roi , Conani à sa femme avaient avec l'Espagne desliaisons contraires aux desseins du roi.
C'est ce qui n est point du tout certain ; cela n’estpas même vraisemblable. Ils étaient florentins ; le grandduc de Florence avait le premier reconnu Henri IV. 11ne craignait rien tant que le pouvoir de l’Espagne enItalie. Concini 8c sa femme n avaient point de crédit du