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Brumoy qui nous a donné le Tkcâlre des Grecs, 8cqui n’a pas traduit Euripide avec une fidélité scrupu-leuse , fait ce qu'il peut pour justifier la scène d 'Admète8c de son père ; on ne devinerait pas le tour qu’ilprend.
II dit d’abord que les Grecs n'ont pas trouvé à redireà ces mêmes clwfes qui Jont à notre égard des indécences ,des horreurs; qu'ainsi il faut convenir quelles ne font pastout-áfait telles que nous les imaginons; en un mot que lesidées ont change.
On peut répondre que les idées des nations poli-cées n’ont jamais changé fur le respect que les enfansdoivent à leurs pères.
Qui peut douter , ajoute-t-il, que les idées n aientchangé en dijférens siècles fur des points de morale plusimporlans ?
On répond qu’il n’y en a guère de plus importans.
Un français, continue-t-il , ejl insulté; le prétenduhon sens français veut qu'il coure les risques du duel, òqu il tue ou meure pour recouvrer son honneur.
On répond que ce n’est pas le seul prétendu bonsens français , mais celui de toutes les nations del’Europe fans exception.
On ne sent pas assez combien cette maxime paraîtraridicule dans deux mille ans; ò de quel air on íauraitsifflée du temps dé Euripide.
Cette maxime est cruelle 8c fatale, mais non pasridicule; 8c on ne l’eût sifflée d’aucun air du tempsd 'Euripide. II y avait beaucoup d’exemples de duelschez les Asiatiques. On voit, dès le commencementdu premier livre de l’Iliade, Achille tirant à moitié sonépée ; 8c il était prêt à se battre contre Agamemnon, si