Band 
Tome trente-septieme.
Seite
323
JPEG-Download
 

Anciens et modernes. 323

Minerve n’était venue le prendre par les cheveux, &lui faire remettre son épée dans le fourreau.

Plutarque rapporte qu 'EpheJlion Sc Cratère fe battirenten duel ; 8c qu’ Alexandre les sépara. Quinte-Curceraconte (d) que deux autres officiers à'Alexandre febattirent en duel en présence à'Alexandre; l’un arméde toutes pièces, l’autre qui était un athlète armé feule-ment d’un bâton, & que celui-ci vainquit son adversaire.

Et puis, quel rapport y a-t-il, je vous prie, entreun duel 8c les reproches que fe font Admète Sc Ionpère Phérés tour à tour d’aimer trop la vie, 8c d’êtrcdes lâches ?

Je ne donnerai que cet exemple de l’avcuglementdes traducteurs 8c des commentateurs ; puisque Bntmoy,le plus impartial de tous, s’est égaré à ce point, quene doit-on pas attendre des autres ? Mais si les Brumoys8c les Daciers étaient là, je leur demanderais volon-tiers s’ils trouvent beaucoup de sel dans le discoursque Poliphéme tient dans Euripide : Je ne crains pointle foudi-e de Jupiter. Je ne Jais fi ce Jupiter ejl un dieuplusJier tir plus fort que moi. Je me Joucie très-peu de lui.S'il fait tomber de la pluie , je me renferme dans macaverne; fy mange un veau rôti , ou quelque bête sauvage;après quoi je m étends tout de mon long ; f avale un grandpot de lait ; je défais mon faim ; ò je fais entendre un.certain bruit qui vaut bien celui clu tonnerre.

II faut que les scoliastes n’aient pas le nez bienfin , s’ils ne font pas dégoûtés de ce bruit que faitPoliphéme quand il a bien mangé.

II disent que le parterre d’Athènes riait de cetteplaisanterie, 8c que jamais les Athéniens n'ont ri d'une

( d ) Qyïnl'-Cura , liv. IX.

X 3

N