Anthropophages. 395
Charlevoix parle, dans un autre endroit, de vingt-deux liurons mangés par les iroquois. On ne peutdonc douter que la nature humaine ne soit parvenuedans plus d’un pays à ce dernier degré d’horreur;Sc il faut bien que cette exécrable coutume soit dela plus haute antiquité , puisque nous voyons dansla sainte écriture , que les Juifs font menacés demanger leurs enfans s’ils n’obéiffent pas à leurs lois.11 est dit aux Juifs : (d) »? Que non-seulement ils» » auront la galle, que leurs femmes s’abandonne-,, ront à d’autres, mais qu’ils mangeront leurs filles?» 8c leurs fils dans l’angoisse 8c la dévastation ; qu’ils,? se disputeront leurs enfans pours’en nourrir; que», le mari ne voudra pas donner à fa femme un»» morceau de son fils, parcc qu’il dira qu’il n’en a»» pas trop pour lui. »,
11 est vrai que de très-hardis critiques prétendentque le Deutéronomene fut composé qu’après le siègemis devant Samarie par Benadad; siège pendant lequelil est dit au quatrième livre des Rois, que les meresmangèrent leurs enfans. Mais ces critiques, en neregardant le Deutéronome que comme un livre écritaprès ce siège de Samarie , ne font que confirmer cetteépouvantable aventure. D’autres prétendent qu ellene peut être arrivée comme elle est rapportée dans lequatrième livre des Rois. II y est dit (e) que le roid’Israël, en passant par le mur ou sur le mur de Sama-rie , une femme lui dit : Sauvez-moi , seigneur roi ; illui répondit : Ton Dieu ne te sauvera pas ; commentpourrais-je te sauver ? ferait-ce de l'aire ou du prejfoir ?
[d) Deutéronome, chap. XXVIII, v. 53.
{ e ) Ch, VI , v. 26 3 : i'uivans.