Band 
Tome trente-septieme.
Seite
406
JPEG-Download
 

406 Apocalypse.

trouvé les révolutions de la Grande-Bretagne ; lesluthériens, les troubles d’Allemagne ; les réformés deFrance, le règne de Charles IX 8c la régence deCatherine de Médicis : ils ont tous également raison.Bossuet 8c Newton ont commenté tous deux l’Apoca-lypse ; mais à tout prendre , les déclamations élo-quentes del'un , 8c les sublimes découvertes de l’autre,leur ont fait plus d’honneur que leurs commentaires.

Section II.

i N s t deux grands-hommes , mais d une grandeurfort différente , ont commenté l'Apocalypse dans ledix-septiètne siècle : Newton , à qui une pareille étudene convenait guère; Bossuet, à qui cette entreprise con-venait davantage. L’un 8c f autre donnèrent beaucoupde prise à leurs ennemis par leurs commentaires ; 8c ,comme on l’a déjà dit , le premier consola la racehumaine de la supériorité qu il avait sur elle, 8c l’autreréjouit ses ennemis.

Les catholiques 8c les protestans ont tous expliqués Apocalypse en leur faveur ; 8c chacun y a trouvé toutjuste ce qui convenait à ses intérêts. Ils ont surtoutfait de merveilleux commentaires fur la grande bêteà sept têtes 8c à dix cornes, ayant le poil d un léopard,les pieds d’un ours , la gueule du lion , la force dudragon; 8c il fallait, pour vendre 8c acheter , avoirle caractère 8c le nombre de la bête ; Sc ce nombreétait 666.

Bossuet trouve que cette bête était évidemmentfempereur Dioclêtien, en lésant un acrostiche de sonnom ; Grotius croyait que c'était Trajan. Un curé dc