Apointer, Apointement. 443
APOINTER, APOINTEMENT,
Termes du palais.
C E sont procès par écrit. On appointe une cause ;c’est-à-dire que les juges ordonnent que les partiesproduisent par écrit les faits 8c les raisons. Le Diction-naire de Trévoux , fait en partie par les jésuites,s’exprime ainsi : Quand les juges veulent favoriser unemauvaise cause , ils font d'avis de Vapointer au lieu de lajuger.
Jls espéraient qu’on apointerait leur cause dansl’affaire de leur banqueroute , qui leur procura leurexpulsion. L’avocat qui plaidait contr’eux trouva heu-reusement leur explication du mot appointer ; il en fitpart aux juges dans une de ses oraisons. Le parlement,plein de reconnaissance, n’apointa pas leur affaire;il fut jugé à l’audience que tous les jésuites , à com-mencer par le père-général, restitueraient l’argent dela banqueroute avec dépens, dommages 8c intérêts.II fut jugé depuis qu’ils étaient de trop dans le royaume ;8c cet arrêt, qui était pourtant un apointé , eut sonexécution avec grands applaudissemens du public.
APOSTAT.
C ’ e s T encore une question parmi les savans , sil’empereur Julien était en effet apostat, 8c s’il avaitjamais été chrétien véritablement.
II n’était pas âgé de six ans lorsque l’empereurConfiance , plus barbare encore que Conjlantin, fit égor-ger son père 8c son frère , 8c sept de ses cousins ger-mains. A peine échappa-t-il à ce carnage avec sonfrère Gallus : mais il fut toujours traité très-durement