Band 
Tome trente-septieme.
Seite
444
JPEG-Download
 

444 Apostat.

par Confiance. Sa vie fut long-temps menacée ; il vitbientôt assassiner, par les ordres du tyran, le frère quilui restait. Les sultans turcs les plus barbares n’ontjamais surpassé , je l'avoue à regret, ni les cruautés ,ni les fourberies de la famille constantine. L’étude futla feule consolation de Julien dès sa plus tendre jeu-nesse. II voyait en secret les plus illustres philosophesqui étaient de f ancienne religion de Rome. II est bienprobable qu’il ne suivit celle de son oncle Confianceque pour éviter l’assassinat. Julien fut obligé de cacherson esprit, comme avait fait Brutus sous Tarquin. IIdevait être d’autant moins chrétien que son onclel’avait forcé à être moine, 8c à faire les fonctions delecteur dans l’églife. On est rarement de la religion deson persécuteur , surtout quand il veut dominer sur laconscience.

Une autre probabilité, c’est que dans aucun de sesouvrages il ne dit qu’il ait été chrétien. 11 n’en demandejamais pardon aux pontifes de l’ancienne religion. IIleur parle dans ses lettres comme s’il avait toujoursété attaché au culte du sénat. II n’est pas même avéréqu’il ait pratiqué les cérémonies du taurobole, qu’onpouvait regarder comme une espèce d’expiation , niqu’il eût voulu laver avec du sang de taureau ce qu’ilappelait si malheureusement la tache de Jon baptême.C’était une dévotion païenne qui d’ailleurs ne prouve-rait pas plus que l’association aux mystères de Cérès.En un mot, ni ses amis, ni ses ennemis ne rapportentaucun fait, aucun discours qui puisse prouver qu’il aitjamais cru au christianisme , 8c qu’il ait passé de cettecroyance sincère à celle des dieux de l’empire.

S’il est ainsi, ceux qui ne le traitent point d’apostatparaissent très-excusables.