Apostat. 445
La saine critique s’étant perfectionnée , tout lemonde avoue aujourd’hui que l’empereur Julien étaitun héros & un sage, un stoïcien égal à Marc-Aurèle.On condamne lés erreurs , on convient de ses vertus.On pense aujourd’hui comme Prudentius son contem-porain , auteur de l’hymne Salvete, Jlores martyrum. IIdit de Julien :
Dtiâor fortijfimus armisConditor ir legum celeberrimus : ore manuqueConfultor patrie ; sed non consultor habendeRelligionis : amans tercentum millia divûm.
Terjidus ille Deo ,fed non ejl perjidus orbi.
Fameux par ses vertus, par ses lois , par la guerre,
II méconnut son Dieu, mais il servit la terre.
8es détracteurs font réduits à lui donner des ridi-cules; mais il avait plus d’espritque ceux qui le raillent.Un historien lui reproche , d’après 5* Grégoire deNazianze , /Savoir porté une barbe trop grande. Mais ,mon ami, si la nature la lui donna longue, pourquoivoudrais-tu qu’il la portât courte ? 11 branlait la tête.Tiens mieux la tienne. Sa démarche était précipitée.Souviens-toi que l’abbé d 'Aubignac prédicateur duroi, sifflé à la comédie, se moque de la démarche 8cdel’air du grand Corneille. Oserais-tu espérer détournerle maréchal de Luxembourg en ridicule , parce qu’ilmarchait mal , 8c que sa taille était irrégulière ? IImarchait très-bien à l’ennemi. Laissons l’ex-jésuitePatouillet 8c l’ex-jésuite Nonotte 8cc. appeler l’empereurJulien , l’apojìat. Hé, gredins ! son successeur chrétien,Jovien , l'appela divus Julianus.
Traitons cet empereur comme il nous a traités lui-