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Thuilleries, l’empereur Alexandre a jugé à propos de suspendreses rétalions politiques avec la France , mai'- en même tems,il a déclaré de la manière la plus positive qu'il était dans l'in-tention de rester étranger aux débats existans entre riens etl’Angleterre.
Nous ne pensons pas que la conduite que la Russie a tenuedepuis cette époque ait lien changé à cette détermination.Elle a, il est vrai, conclu un traité d’alliance avec vous; niai»ce traité, il est aisé d’en juger par ce qui en a été rendu public,par l’objet qu’il avait en vue, et plus encore par les résultats,n’avait aucun rapport avec la guerre qui existait depuis prèsde deux ans entre nous et l'Angleterre.
Ce traité était un pacte de participation ù une guerre d’unenature différente, plus étendue et plus générale que la pre-mière. C’est de cette guerre qu’est liée la troisième coalitiondans laquelle l’Autriche était puissance principale et la Russie puissance auxiliaire. L’Angleterre n’a participé qu’en projetà cette guerre; jamais nous n’avons eu à combattre ses forcesréunies à celles de ses alliés. La Russie ne s’y est montréeque secondairement. Aucun déclaration adressée à la France n’est venue nous apprendre qu’elle était eu guerre avec nous,et ce n’est que sur les champs de bataille où la troisième coa-lition a été détruite, que nous avons été officiellement informésque la Russie en avait fait partie.
Lorsque S. M. britannique a déclaré la guerre à la France ,elle avait un but qu'elle a fait connaître par ses manifestes.Ce but constitue la nature de la guerre. Lorsque 18 moisaprès, S. M. britannique s’est alliée avec l’Autriche , la Itussieet la Suède , elle eut d’autres objets en vue; ce fut une nou-velle guerre dont il fauts chercher les motifs dans les piècesofficielles qui ont été publiées par J es diverses puissances..Dans ces motifs il n’est jamais question des intérêts directs del’Angleterre, Ces deux guerres n’ont donc aucun rapportensemble; l’Angleterre n’a point participé réellement à cellequi est terminée. La Russie n’a jamais pris de part ni directeni indirecte à celle qui dure encore. Il n’y a donc aucuneraison pour que l’Angleterre ne termine pas seule la guerrequi seule elle a faite avec nous.
Si S. M. l’empereur adoptait le piincipe de négocier main-tenant avec l’Angleterre unie à ses nouveaux alliés, elle ad-mettrait implicitement que la troisième coalition existe encore,que la guerre d’Allemagne n’est pas finie, que cette guerreest la même que celle que la F’rance soutient contre l’Angle-terre, elle accepterait implicitement pour base de la négociationles conditions de M. de Novosilzoft' qui ont excité l’étonne-ment de l’Europe et soulevé le caractère français , et de vain-queur, de la coalition ; l’empereur se placerait volontaireinei 1dans la position du vaincu.
Aujourd’hui l’empereur n’a plus rien à débattre avec la® 0 *