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lition: il est en droit de méconnaître les rapports que vousavez eus avec elle; et en traitant avec vous, il ne peut êtrequestion que du but et des intérêts de la guerre entreprise an-térieurement à vos alliances et qui leur a survécu.
Quoiqu’il n’y ait que six mois que le voile qui couvrait lescombinaisons secrètes de la dernière guerre a été déchiré; ilest cependant vrai que le Continent est en paix. Le principalde vos alliés, l’Autriche , a fait sa paix séparée. La Prusse,dont les armées ont été pendant quelques tems sur le pied deguerre, a fait avec nous un traité d’aliiance offensive et défen-sive. La Suède ne mérite aucune mention. Quant à la Russie ,il existe entre elle et nous des propositions directes de négocia-tions. Par sa puissance, elle n’a besoin de la protection depersonne, et elle ne peut réclamer l’intervention d'aucunecour pour terminer les différends qui nous divisent. Par sadistants?, elle est tellement hors de notre portée, comme defout moyen de nuire, que l’état de guerre ou l’état de paix neproduit dans nos rapports respectifs, que des eliangemens pure-ment diplomatiques. Si dans une telle situation, l’empereuracceptait de négocier conjointement avec l’Angleterre et laRussie , n’en méconnaîtrait-il pas tous les avantages? Ne sup-poserait-il pas l’existence d’une guerre qu’il a glorieusementterminée? N’abandonnerait-il pas entin de lui à l’Angleterrele principe d’une égalité déjà convenue entre nous ? Pour peu,Monsieur, que vous vouliez examiner avec le discernement quivous appartient, les considérations que j’ai l'honneur de vousexposer, vous conviendrez qu’une telle négociation nous seraitbeaucoup plus préjudiciable que la guerre et même qu’uucongrès.
En effet, dans un congrès si l’Angleterre, la Suède et laRussie débattaient pour faire prévaloir les principes qui ontservi de fondement à la troisième coalition, la Prusse, le Danue-tffurck, la Porte, la Perse et l’Amérique réclameraient contreces principes, et demanderaient des lois égales de navigationet un juste partage dans le domaine de la mer. Sans doute,Oans cette discussion, on voterait souvent la diminution dupouvoir de la France , mais souvent aussi on voterait pour laflmiinution du pouvoir de l’Angleterre. Des puissances ré-clameraient l’équilibre du midi de-l’Europe , mais d’autresaussi réclameraient I équilibre du nord. Un grand nombre®occuperait de l’équilibre de l’Asie : toutes s’intéresseraient11 l équilibre des mers; et si du sein de tant de discussionsfl'agenses et compliquées, il est possible d’espérer qu’il ens °!tît nu résultat, ce résultat serait juste, parce qu’il seraitComplet; et certes, S. ÎV1. l’a déclaré dans toutes les circon-Wauces, elle n’aura point de répugnance à faire des sacrificesVour lu tranquillité publique, lotsque l’Angleterre, la Russie e toutes les grandes puissances seront chacune disposées à rt-