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peine de les réfuter; mais qui peut soutenir la lecture des livres,
où on les trouve, nest guere capable d’en goûter d’autres.
Nous avons affecté de parler de Pan-kou, Fou-hi , Niu-hoa, Chi-nong & Hoang-tî, parce que ce font les personnagesles plus fameux de notre histoire fabuleuse. Voyons le troisièmearticle, & ce qu o n peut tirer de ces fables.
3°. Quelques Missionnaires ont eu la patience d’etudier àfond notre Mythologie, pour tâcher de démêler les traditionsprimitives des fables, des contes & des rêveries où elles fontnoyées. Par malheur ia plupart ont commencé par fe faire dessystèmes, & ont voulu les trouver bien clairs & bien dévelop-pés dans nos vieilles chroniques, comme M. Huet le sien, dansles fables des Grecs ; comme lui aussi , ils ont perdu leurs fraisd’erudition. II nest pas possible de concilier d’une façon qui con-tente, des contes qu on ira que de la troisième & quatrièmemain, & qui font aussi etrangers les uns aux autres que lesavantures du Jupiter , du Bacchus, de la Cybele de l’Europe& de l’Asie idolâtres. Bon-gré, mal-gré, il faut entrer dans lelabyrinthe des conciliations, & la Critique n’a pas de sil pouren parcourir les détours. Elle est trop heureuse quand le bonsens lui donne des ailes pour en sortir. Cependant comme Gré-goire de Saint-Vincent a fait des belles découvertes en cher-chant la quadrature du cercle qu’il n’a pas trouvée, nos Mission-naires en cherchant l’histoire complette du temps d’avant le Dé-luge & de la dispersion des peuples dans nos anciennes fables ,ont prouvé, à le faire toucher au doigt, que nos premiers Chi-nois avoient connu les Patriarches d’avant le Déluge, A apportéici la foi & l’espérance du Messie, le culte religieux de la loinaturelle , l’attente d’une heureuse éternité, &c. ; mais ces sor-tes de découvertes font trop enfoncées dans nos Antiquités ,pour qu’un Européen veuille s’en approcher assez pour être à
leur