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dans la haute antiquité ; ék plus singulier encore que les parti-sans les plus zélés des Tao-sée n’aient eu le courage d’y entreren Chronologistes, que fous la grande Dynastie des Song ; c’est-à-dire plus de. mille ans après que la paix eût été rendue auxLettrés. « Comment oser croire ., après mille ans, ce que n’ont» pas osé croire les premiers Ecrivains, dit la préface d u Tong --» kien. Le vrai n’est que trop difficile à distinguer dans les monu-», mens les plus authentiques, comment le trouver dans le cahos» des traditions? Qui se fraye une nouvelle route , s’egare, &c. »Lieou-jou, Lo*pi,Sou-tsée osèrent les premiers rompre la glace,rédiger en corps d’histoire les fables & les traditions eparfesdans les livres de leur secte. Ces Ecrivains ne se sent bien accor-dés qu’à .compiler tout ce qu’ils ont trouvé, &,à dire qu’ils ne le.croyoient pas, mais qu’il falloitle conserver à la postérité. Lesplus médiocres Lettrés profitèrent, de leurs temps mêmes &fous leurs yeux, de la liberté & permission qu’ils donnoient dene rien croire de ce qu’ils racontoient. Pan-kou, dont on netrouve le nom dans aucun ancien livre , & à qui ils faisoientcréer le monde., chacun à fa maniéré , les Tien-hoang, les Ti-lioang, les Gin-hoang , qu’ils faisoient vivre des dix-huit milleans, les batailles singulières des Dieux, des Déesses & des Dia-bles, dont ils remplissent ces siécles imaginaires, & les autresrêveries, dans ce goût, qu’ils débitoient d’après les Tao-sée, neleur valurent que. des épigrammes & des plaisanteries de la partde leurs contemporains, & le mépris des générations suivantes.Lieou-jou, qui etoit un des Historiographes de f Empire , eut lamortification de voir son Ouvrage rejetté par tous les SavanscLu Tribunal de l’Histoire; & , comme nous l’avons observé plushaut, quoiqu il en eût retranché tout ce qui précede Hoang-ti ,& ne le donnât que pour une compilation fans conséquence, onne voulut pas lui permettre de le faire imprimer. Pour Eo-pi, ila beau dire que « La Doctrine des Tao-sée dérive du.temps où