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Tome premier.
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ìj 4 ANTIQUITÉ

3°. On a imprimé en Europe, quà dater de Hoang-ti, lHi-stoire de notre Chine est certaine & authentique ; nous nelignorons pas : mais nous savons aussi que ce nest pas en Eu-rope qu on peut prononcer définitivement fur cette matière,au moins sans avoir vu toutes les pieces & les avoir examinéesen Savant & en Critique. Toutefois nous tiendrons parole, &continuerons à paroître ignorer les discussions dau-delà des mersfur le sujet que nous traitons. Si nous pouvions espérer qu'onvoulût (nous avons presque dit, qu on pût) nous suivre danscelles nous devrions entrer, pour ne laisser aucune porteouverte derriere nous, nous parcourrions plus de pays quenous ne ferons, mais pour abréger nous nen irons pas moinsau but. Le système quil sagit dexaminer porte tout entier,i°. Sur le sentiment qua adopté Sée-ma-tfien, le pere de notreHistoire. 2°. Sur les Tchon-chou, Manuscrits en bambou , trou-vés fous Vou-ty, Fondateur des Tsin, vers la fin du troisièmesiecie après Jesus-Christ , & quon dit être de la Dynastie desanciens Tcheou. 3 0 . Sur ce quil est parlé des San-ouang & desOu-ty dans les petits King & dans la plupart des livres desTao-sée. Tout cela peut éblouir à six mille lieues, & mêmeembarrasser; il nen est pas de même ici.

Cest une fatalité commune à toutes les anciennes histoiresprophanes : elles commencent, comme le monde, parle cahos& par les ténèbres. Les recherches , lerudition & la critiquedes plus célébrés Historiens ont échoué contre la vanité de sil-lustrer en flattant lorgueil de leur Nation par une haute anti-quité. Ils ont mieux aimé débuter par des fables obscures & ridi-cules pour la reculer dautant, que de sacrifier un petit nombredannées. Notre Sée-ma-tfien est peut-être à cet égard celui detous les Historiensqui mérite le plus dindulgence. En ne faisantque se prêter aux fables qui avoient cours de son teïnps, il pou-voit savancer plusieurs siécles de plus dans la nuit de lAntiquité,