412 EXTRAIT D’UNE LETTRE
» QuancI ils arrivèrent fur nos frontières ( au nombre de plu-» sieurs centaines de mille , quoique la fatigue extrême, la faim,» la soif, & toutes les autres incommodités inséparables d’une» très-longue & très-pénible route , en eussent fait périr pref-» que autant ), ils etoient réduits à la derniere mifere, ils man-» quoient de tout. L’Empereur les pourvut de tout. U leur fit» préparer des loge mens conformes à leur maniéré de vivre,» il leur fit distribuer des alimens pour fe nourrir, &des vête-» mens pour s’habiiler ; il leur fit donner des bœufs, des mou-» tons & des ustensiles pour les mettre en état de former des*> troupeaux & de cultiver la terre, & tout cela à fes propres» frais, qui fe font montés à des sommes immenses, fans compter», l'argent qu il a libéralement donné à cbaque chef de famille ,» pour le mettre en voie de pouvoir travailler dans la fuite à» gagner fa propre vie, & à pourvoir à la subsistance de fyí» femme & de fes enfans.
» De cette façon les Tourgouths font à présent en quelque» forte dans Fabondance de tout. Ils peuvent manger jufqu’à la» satiété ; ils peuvent fe garantir de la rigueur des faisons par» des habits commodes ; ils peuvent guérir leurs maladies , on»' même les prévenir par l’ufage des remedes salutaires dont les» foins & les attentions de Sa Majesté, qui s’etendent à tout ," les a pourvus avec la libéralité la plus abondante.
» Après que les Tourgouths eurent été un peu remis de leursw extrêmes fatigues, FEmpereur ordonna à Oubaché leur Roi,» de venir à la Cour accompagné des principaux Chefs de fa» nation. Sa Majesté fit tout préparer le long de la route, loge--» mens, chevaux de main, chevaux de bagage, nourriture &» tout ce qui est nécessaire, tant pour lagrément que pour law commodité, & cela d’une maniéré proportionnée à leur rang,rt & conforme à celle dont ils ont coutume de voyager.
» Oubaché & les siens obéirent fans réplique, ils fe rendi-