4r6 EXTRAIT D’ UNE LETTRE
» entièrement achevé, quand Oubaché & les autres Princes de»> fa nation arrivèrent à Géhol.
» En mémoire d’un evénement qui a concouru à rendre cette» même année célébré à jamais dans nos fastes, Sa Majesté a» voulu eriger dans ce même Miao un monument qui en con-» statât l’epoque & en attestât ^authenticité : elle en composa» elle-même les paroles, & en écrivit les caractères de fa pro-» pre main. Combien peu de personnes feront dans l’occasion» de le voir & de le lire dans l’enceinte du Temple où il est» érigé ? Combien l’ígnoreroient entièrement, fi l'on ne» pouvoit s’en instruire que dans le lieu même?
» 3’ai l’honneur d’être occupé fans cesse auprès de notrev> grand Empereur -, mes yeux font témoinsdetout ce qu’il fait ,&» mes oreilles retentissent agréablement de tout ce qu’il dit. Je fuis ,m pour ainsi dire, tout rempli de l’Empereur, & l’on peut m’en»> croire fur ma parole, quand j’assure que, malgré mon amour» pour l’etude & supplication constante que je n’ai jamais inter-» rompue pour tâcher d’acquérir des connoissances utiles, je ne» fais pas un dix-millieme de ce que fait Sa Majesté. Je connois» l’Empereur aussi parfaitement que je puis me connoître moi-» même, & j’avoue que je ne me trouve qu’un franc hébété,!» quand j’ofe me comparer à lui.
» Je fus le seul à qui Sa Majesté daigna communiquer les-» paroles du monument immédiatement après les avoir ecrites.» La lecture que j’en fis fur le champ me ravit d’admiration, 8c» me causa la joie la plus vive* 11 me parut qu’il etoit contre la» justice que cette admiration & cette joie restassent comme» concentrées dans moi seul; je demandai la permission de faire» part de mes fentimens au Public , & elle me fut accordée.
» En lisant ce que je viens d’ecrire de moi-même, l’on entrera» fans doute dans mes vues, & l’on pensera comme moi j mais