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Tome premier.
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PLACE DE 1/Il OTEL-DE-VILLE. ",

populaires; il se montra toujours sensible à ces souvenances de pa-triotisme.

La place de l’Hôtel-de-Yille fut. le théâtre des principaux événementsde la révolution de 1789; mais elle n’eut dans cette partie de notrehistoire qu'une part glorieuse.

L'IIôtel-de-Yille fut, en quelque sorte, le palais de la révolution; ce fut.à 1’IIôt-el-de-Ville (pie résidait la Commune de Paris ; ce fut là que siégeaitle comité de salut public; là se dénoua le drame du 9 thermidor; là tombaRobespierre , cette effroyable personnification du dogme de la terreur.

La place de l’IIôtel-de-A ille était le quartier général des forces révolu-tionnaires; les citoyens y accouraient pour former les faisceaux civiques,et pour prêter leur appui à la loi ; la turbulence, le désordre, le pillage etle meurtre, préparaient en d’autres endroits leurs moyens de destruction.C’était ailleurs qu'ils rassemblaient les bordes dont les exces ont souillécette époque. La place de l’Hôtel-de-Yille resta pure de crimes, et ne retentitjamais que des généreux accents d’un peuple redemandant ses droits.

Sous l’empire, elle s’associa avec enthousiasme à l’éclat qui glorifiaitle pays; elle vit rayonner les fêles splendides, elle répéta avec transportles échos de nos victoires; elle saluait avec amour et avec ivresse lesfêtes qui célébraient nos triomphes. Si elle ne cessa pas d’être le lieudes supplices, du moins fut-elle aussi l’enceinte de prédilection pourtoutes les joies de la patrie; elle préparait ainsi, dans le présent, pourl’avenir, l’instant oir elle n’aurait plus à présenter à l’histoire (pie destitres chers à toutes les nobles affections.

L’empire eut toujours pour la place de l’Ilôtcl-de-Villc une préférencemarquée ; Napoléon pensait qu'il eût manqué quelque chose à sa gloire,si le bruit et la renommée de ses triomphes n’eussent pas retenti autourde niôtel-de-Yille de Paris . C'était sur celte place que le peuple aimait às assembler pour entendre le canon des Invalides , dont les salves procla-maient les bulletins de la grande armée.

Lors du mariage de l’empereur, la ville de Paris s’associa avec splen-deur aux fêtes des Tuileries ; Napoléon éprouvait une joie véritable à pré-senter sa femme à la bourgeoisie de Paris , dont l’élite était rassembléedans les salons de l'IIôtel-de-Yille ; mais il ne se borna pas à ces hom-mages de l’étiquette; plusieurs fois, pendant le bal, il conduisit l'impéra-trice aux fenêtres, et il la montra lui-même à la foule, qui resta rassembléesur la place durant toute la nuit. L’empereur ne voulait pas que les fêtesde la cour fussent renfermées dans les appartements ; il s’efforcait d’y ap-peler et d’y mêler les émotions du dehors; nul mieux que lui n’a compriscet art de parler aux effusions de la multitude. Il y avait alors un usage quiresserrait les liens entre le trône et la cité : chaque année, la ville de Paris donnait en son ITôtel-de-Yille un banquet et un bal au souverain ; ou choi-

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