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Tome premier.
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DE K’OHSE U VATOl D E.

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— Mi» peut-on, lui dit l’empereur, procurer de l’ouvrage à ces luavesgens ?

— Sire, répondit le préfet, pour satisfaire toutes les classes ouvrières(pii souffrent, il faudrait beaucoup de commandes.

— Eli bien ! reprit Napoléon , que l'on aille, an faubourg Saint-Antoine,commander des meubles pour tous les monuments de la couronne; qu’onparquette le Louvre; tous les travaux seront à ma charge; ma cassette ypourvoira.

— Sire, c’est bien pour les ouvriers à rabot, à marteau, a industrieparticulière, et la sollicitude de votre majesté se signale en cette occasioncomme toujours; mais que ferons-nous des ouvriers qui n’ont que leursbras ?

— N’avez-vous pas de grands ouvrages de terrassement à faireexécu ter?

— 11 serait bien facile d’en trouver, sire... Mais cesouvrages se paientau comptant,., et de l’argent?

— Vous êtes préfet de police. Vous devez savoir où il y en a, ou vousne savez pas votre métier.

— Sire, la caisse du Sénat contient quatre ou cinq cent mille francs.

— Qu’on les prenne. Le premier corps de l’Etat doit, après moi, don-ner l’exemple des sacrilices en faveur du peuple de Paris . Que la Cou-ronnent le Sénat nourrissent la classe ouvrière; ce ne sera, après tout,qu’un prêté rendu.

11 n’y avait pas à répliquer. Les cinq cent mille francs furent

demandés.

Les marteaux retentirent, les rabots gémirent, les scies crièrent danstoutes les salles du Louvre, au milieu des houras de vive l'empereur !des milliers de bras furent employés aussi à niveler l’allée de l’Observa-toire ; mais nul n’y cria vive le Sénat !

Quand il puisa dans la caisse du Luxembourg , M. Pasquier ne s’atten-dait pas à devenir pair et chancelier de France : il est même probable qu’ildonnerait sur les doigts de M. Delessert, si celui-ci osait aujourd’hui ou-vrir les coffres de la pairie avec les rossignols de la police, pour donnerde l’ouvrage aux ouvriers de Paris . La pairie est peu prêteuse ; aussicroyons-nous qu’elle saurait conserver ses économies beaucoup mieuxque ne le lit le sénat conservateur.

A la droite de l’allée de l’Observatoire, depuis les lions jusqu’à la grilleservant de clôture au jardin, on voit une vaste pépinière, triste coup-d’œil à l’époque où ces milliers d’arbres, rangés par familles et dépouilléspar la froidure, figurent, à s’y méprendre, des plantations d’écha-las ou de balais; mais d’un aspect ravissant, au contraire, quand lefeuillé, en se développant, fait de ce bas-fonds comme un immense