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Tome premier.
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Syiut-I'lorentin, le plus spiriliielU‘in«‘iil <|ti'iI me serai( possible. Certes !1 hôtel Saint-Florentin avaiI déjà reçu bien des grands seigneurs, l>irndes beaux-esprits, Incuries visiteurs illustres, et (les princes, et desrois, et des empereurs; eli Irien ! il devait, recevoir, le 17 mai I8."8.une visite dont l'éclat allait ellacer toutes les traces de son illustrationglorieuse : il s’agissait de la visite de mon dernier maître, Louis -Philippe I ".

A huit heures du matin, le Itoi et madame Adélaïde entrèrent dans machambre, et je m’cUbrçai rie me redresser, à leur approche, sur le Imrdde mou lit.

« Mon prince, restez couché... murmura l'auguste visiteur, en daignantme tendre la main.

—Sire, lui répondis-je, il faudrait <|ue M. rie. Tallevrand lût mort pourne point se relever devant vous! »

El je me relevai aussitôt, en dépit de la Camargue <pii voulait meclouer à mon chevet.

La visite du lloi lut courte; comme j’étais un vieux diplomate, mesadieux à Louis-lMiilippe furent un compliment; je lui dis, avec mon der-nier sourire de courtisan émérite :

« Sire, notre maison a reçu aujourd'hui un grand honneur, un honneurdigne d’être inscrit dans nos annales, et (pic ma famille devra se rappeleravec orgueil! »

Peu d'instants après le départ du lloi, je sentis que mon heure su-i prème allait sonner : c’était le moment d'avoir de l'esprit, une dernièrefois! Je composai, de mon mieux, ma ligure; je rejetai, de ma main de-faillante, mes longues boucles de cheveux; je prêtai à mes lèvres pâleset amaigries un sourire de triomphateur : eu ce moment solennel, si aulieu de m'attaquer elle-même, la mort avait traité avec moi par ambas-sadeur, à coup sûr je l’aurais trompée; ne pouvant pas être immortel parla voie diplomatique, je me contentai de mourir comme un grand hommespirituel : mon âme s’envola, sans faire grimacer mon corps, comme ilconvenait à une âme de bonne compagnie.

Une heure plus tard, il n'y avait pas une seule de mes créatures, unseul de mes amis, dans ma chambre mortuaire; je me trompe : les gensde ma maison priaient et pleuraient autour de mon lit; mes domestiquessont les seules personnes qui m'aient aimé.

Chose étrange! une nuit, on déposa mes dépouilles mortelles dans unevoiture, et l’on se mit en route pour Yalençay; toul-à-coup, dans une ruede Paris , bien triste et bien sombre, le postillon arrêta ses chevaux; ildemanda à mon gardien : Par quelle barrière '(

Le voyageur, qui veillait sur mon corps, lui répondit :

— Parla barrière d’Enfer!

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