U UE MO U FF ETA HI).
525
f^pir
crètement s’énamourer en ce lieu ; dégoûté de madame de Tencin, il ve-nait ici chercher un bonheur plus chaste et plus recueilli. En tout tempsles autorités se sont personnellement intéressées à certaines institutions;en tout temps aussi, elles ont accordé à ces objets de leur préférence uneprotection toute particulière.
Ainsi, en 1700, le couvent des noues menaçait ruine; le délabrementétait complet :on devait naturellement alors s’adresser à M. d’Argenson.Les sœurs lui envoyèrent leur supplique. Le lieutenant de police vint aucloître, il toisa, mesura, examina et enfin se passionna : et peu de tempsaprès cette visite, les Hospitalières avaient à leur couvent une muraillede plus; mais parmi elles, elles comptaient, hélas! une novice de moins.
Voila sans doute un déplorable exemple de relâchement moral, un ou-bli impardonnable de tous les sentiments religieux, mais en vérité, cene sera pas ce qui doit se passer de plus attristant ici. Descendez la ruede quelques pas, cher lecteur, transportez-vous, par la pensée, sous lerègne du bien-aimé Louis XV , et vous allez assister, non plus à un romandont l’impiété fera tous les frais, mais à des extravagances où vous ver-rez le fanatisme dans sa plus effrayante exagération.
Nous voici en 1750, l’abbé Paris vient de mourir et d’ètre exhumedans le petit cimetière de Saint-Médard. C’était un saint homme, au direde ses contemporains que le diacre l’âris; ou ne lui connaissait d’autredéfaut qu'une trop grande opiniâtreté religieuse. Pour se soustraire auxvanités du monde, il avait pris le parti de se confiner dans une maisondu faubourg Saint-Marcel. Lâ, il se livrait sans réserve à la prière, auxpratiques les plus rigoureuses de la pénitence et aux travaux manuels ; ilregardait les pauvres comme ses frères, et faisait des bas au métier poureux. Jusqu’ici tout est rigoureusement évangélique, et si le digne abbés’en fut tenu là, l'histoire n’aurait pas eu à enregistrer toutes les absur-dités et tout le scandale dont il fut le prétexte. Malheureusement il n’enlut point ainsi : le diacre Pâris publia quelques écrits, et dans ces écrits,ses antagonistes crurent voir des hérésies, et ses partisans la trace del’esprit divin ; on lui prêta des sentiments qu'il n’avait pas eus, et on leconstitua, quoique défunt, chef d’une secte ridicule. On prêta à son tom-beau de surprenants miracles, et la foule vint y faire des prières. Bientôtles dévotes stations tournèrent â la moinerie et les momeries amenèrentrapidement à la convulsion.
Parmi les convulsionnaires, les jeunes tilles dominaient par leur nombreet par leur ferveur. Leur esprit exalté imprimait à leur système nerveuxde violentes secousses, et elles tombaient dans, une extase voisine du dé-lire le plus effrayant. Ces jeunes tilles sollicitaient la douleur, comme lesvoluptueux les plus effrénés pourraient solliciter le plaisir; et, si on lesencroit, en demandant la convulsion, elles sollicitaient le plaisir lui-meme.