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H L E MUE F K E TA 11 IL
Le nombre des convulsionnaires devint en peu effrayant, et leur af-fluence dans le cimetière était incalculable. Un s’informait des habitudesdu bienheureux l’àris et on les imitait avec un soin scrupuleux. On fei-gnait de boire et de manger comme lui. Pendant quelque temps les con-vulsionnaires furent de bonne foi et crurent à l'efficacité de leurs extra-vagances.
Nous ne voulons pas entrer ici dans l'histoire circonstanciée des diffé-rentes sectes de convulsionnaires; car ces sectes admettaient dans leursopinions des différences puériles et indignes de nous occuper. Cependant,pour donner un exemple des extrêmes dans lesquels peut tomber l’esprithumain, nous allons retracer quelques-unes des pratiques de ces illuminés.
Les secouristes, entre autres, frappaient à grand coups de poing lesjeunes filles, et ces pauvres patientes, par les plus vives demandes, exci-taient leurs bourreaux à les frapper plus cruellement encore. Ces éner-gumenes montaient sur leurs corps étendus, et foulaient aux pieds leursseins et trépignaient sur elles jusqu’à lassitude.
A ces malheureuses en délire, de pareils traitements parurent encoretrop doux : insatiables de souffrances, elles se faisaient frapper avec desbûches, et pendant qu’elles étaient aussi cruellement meurtries, elless’écriaient : Ah ! que cela est bon ! ali ! que cela me fait de bien ! mon frère,je vous en supplie, redoublez, si vous le pouvez. Enfin, leur délire ne connut(tins de bornes, elles avalèrent des charbons ardents et elles se frappè-rent à grands coups de marteau!!!
Cependant, en 1732, le roi apprenant cet esprit de fanatisme, crutpouvoir les arrêter en faisant garder le cimetière de Saint-Médard, maisdans toutes les sectes, la persécution engendre les prosélytes. — C’estl’histoire de tous les temps. Les convulsionnaires n'avaient qu’une réu-nion, ils en formèrent vingt. Les remontrances, les arrêts, les châtimentset les incarcérations, ne firent qu’enflammer la fureur des sectaires. Ils pu-bliaient des caricatures où le l’ape, l’archevêque et les jésuites étaienttournés en ridicule; ils publiaient même une feuille périodique portantpour titre : Nouvelles Ecclésiastiques. Mais, comme dans les choses les plusaffreuses, les Français savent toujours trouver le côté ridicule, un poètesans doute convulsionnaire), inscrivit sur la porte de Saint-Médard ledistique suivant :
De par le Roi, défense à Dieu .
De faire miracle en ce lieu.
La superstition fut si générale, qu’un conseiller au Parlement osa pré-senter à Louis XV un recueil de tous les miracles et prodiges des con-vulsionnaires. Ces extravagances ont été en France les derniers soupirsd’une secte, qui, n’étant plus soutenue par les disciples de l’orl-lloxal,est tombée dans le plus complet abandon.
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