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Tome premier.
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a l’encoignure de la petite rue Saint-Louis. A (|iieli|ues pas de la rue del’Échelle, on trouve le passage Delorme, le second qui ait été bâti à Paris ,et qui a pris le nom du propriétaire qui le lit construire. Cette galerieétait la communication la plus agréable et la plus fréquentée qu’il veutde la rue Saint-IIonoré à la rue de Hivoli, avant le percement des ruesdes Pyramides, d’Alger , et du Vingt-Neuf Juillet.

La rue Saint-Honoré semble de nouveau changer de face: la belle ruedes Pyramides, percée sur remplacement destiné aux écuries de .Napo-léon, laisse apercevoir le palais des Tuileries et le jardin réservé à lafamille royale. Plus loin, c’est l'église Saint-Hoch avec son portail simesquin et si prétentieux; il est encore couvert des stigmates que lui im-prima l’ambitieuse énergie de Bonaparte . Ce fut là qu’il lit mitrailler,en vendémiaire, le peuple de Paris révolté contre le Directoire.

Nous arrivons à ce lieu d’où partirent tant d’arrêts sanglants auxjours de la puissance de Robespierre . Dans l’église des Jacobins setenait le trop célèbre club des furieux, qui ne fut fermé (pie le 8 ther-midor, la veille de la mort de " _ erre, par Legendre de Paris ,

membre de la Convention. C'est sur l’ancien emplacement du couventdes Jacobins, qu’on a ouvert la rue et le marché qui portent aujourd'huison nom.

En face, se trouve l’ancienne rue du Duc de Bordeaux, appelée au-jourd’hui rue du Vingt-Neuf Juillet. Qu’il y a de petitesses dans ces sub-stitutions de noms quand les dynasties changent, quand les rois s’envont! Pourquoi ne pas lui laisser son premier titre, et restituer celui deNapoléon à la rue de la Paix? Sans doute, les courtisans qui prennent depareilles mesures pensent effacer la gloire et les souvenirs, en faisantgratter quatre pans de muraille? — Pauvres gens!... Ainsi , la Chambredes députés a eu la faiblesse de laisser briser les trois fleurs-de-lys del’écusson de Duguesclin , insignes illustres donnés à ce grand hommepour avoir chassé les Anglais du sol français qu’ils souillaient!,..

La rue d’Alger, percée sur les ruines de l’hôtel Egerton, et la rue deCastiglione, cette rue si régulière, si alignée, qui rappelle Turin , oc-cupent toutes deux l'emplacement du couvent des Feuillants, aboli en1790; il s’était appelé d’abord Couvent de Jean de la Barrière , son fon-dateur. Le portail se trouvait placé vis-à-vis de la place Vendôme.

Nous sommes presque forcés de changer de plume : le vieux Paris cesse ; plus de marchands, plus de commerce, plus de ruines, tout estneuf: mœurs, aspect, temples et palais.

La rue Saint-Honoré s’élargit et attire les regards par sa splendeur etson opulence. C’est la magnifique place Vendôme avec sa colonne im-mortelle, ce trophée digne des gloires les plus célèbres, celte honte desnations jetée à leur face; la colonne Vendôme sur laquelle on lit les noms