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profiler de l'escompte. — Trés-I)ien, monsieur, asseyez-vous; mais je neconnais pas le l’ekoa ; est-ce du sucre de betterave ou du sucre colonial ?— C’est du sucre de pomme, madame. Mais dites-moi, êtes-vous contenirdu commerce? — Non, monsieur, le commerce ne va pas. A ce mot, jereconnus que j’étais en plein Paris . Quoique le commerce n’aille pas.j’appris pourtant de l’épiciêre, qu'elle possédait pour cent mille écusd’herbages eu .Normandie, une maison à la Madeleine , et de quoi mariersa tille Héloïsa, qui devait épouser un notaire de Beaugency . La dame.ducomptoir, qui était femme quoiqu’épiciére, me raconta sans se faireprier, comment se faisaient et se défaisaient les fortunes dans la rueSaint-Denis. Voilà toute l'histoire : Ceux qui veulent s’enrichir en dixans, se ruinent presque toujours; ceux qui ne demandent la richessequ'a prés vingt ans de travail, achètent un domaine sur leurs vieux jours.Le secret est dans ce mot patience ; mais comment conserver la patienceaprès avoir été en chemin de fer! Du reste, ce n’est point l'épicerie, c'estla ruuennerie qui abonde dans la rue Saint-Denis. — C’est là véritable-ment la rue des bonnets de coton.
Je me remis en roule plein d’admiration pour le bon sens de l’épicière !mais déjà passablement ennuyé de ne rien découvrir de plus pittoresque.Des maisons, encore des maisons, toujours des maisons et quelles mai-sons! pas d'air, pas de soleil, pas même de tleurs sur les fenêtres. Aquoi bon des roses ou des pervenches dans une rue où l’on ne prend pasle temps de dormir? D’ailleurs les Heurs sont des choses de luxe; or.jamais le luxe n’a osé se montrer dans la rue Saint-Denis ; jamais la mar-chande de violette, cette pauvre créature d’heureux présage, qui vend pourun sou le sourire du printemps, n'a mis le pied dans la rue Saint-Denis.On vend des violettes partout, jusque dans le faubourg Saint-Jacques; lepeuple achète des lleurs et recherche le soleil; mais dans la rue Saint-Denis, ou ne veut de fleurs etde soleil que pour les terres qu’on a achetéesou qu’onachètera. Egoïsme, saint Egoïsme ! Economie, sainte Economie !voilà les saints les plus fêtés du monde (pie je parcours.
Pourtant cette rue Saint-Denis fut longtemps surnommée la rue parexcellence ; son origine est comme celle des Chinois;elle se perd dans launit des temps, (fêtait d’abord une chaussée ; une bourgade s’éparpillasur la chaussée, la chaussée devint une rue, cette rue prit le nom de l’ab-baye de Saint-Denis, d’autres disent de saint Denis lui-même, qui avaitsouvent passé par ce chemin.
A peine le hasard l’eùt-il tracée, qu'elle fut surnommée la rue par excel-lence; eu cllet, _ ’’ s siècles, la rue Saint-Denis fut la première
rue de la capitale de France . Les rois et les reines y passaient en triomphesoit au retour du sacre, soit au retour de la guerre. C’était encore parcette rue qu'ils allaient au tombeau. Le grand et le petit commerce de