S A I N T -1) E N I S.
de Porbus , <jui passait pour sou chef-d'œuvre. A l'entrer du chu-nr, migrand taldrau représentait d'après nature Louis XV enfant, sa gouver-nanle, les dues d'Orléans et de lîourbnn priant Saint-Leu pour la conser-valion du prince. Aujourd'hui, hormis un Saint-François de Sales sur soulit de mort, de Philippe de Champagne , un Christ de Mignard et une visi-tation de Moucher, l'église ne renferme que de mauvaises copies et depauvres originaux.
Le plus curieux tableau de l'église Saint-Leu est une vierge encadréede cinq médaillons. Cette œuvre n’est pas d une date fort ancienne, maiselle est précieuse par ce qu'elle représente: c’est l’histoire au pinceaud’un événement qui arriva en 1418 dans la rue aux Ours ; c’est plus qu'unévénement, c’est un miracle, un miracle rapporté par les graves histo-riens du temps, et qui n’a pas été oublié par un de nos collaborateursdans l’histoire de la rue Saint-Martin.
Les cinq médaillons encadrant la rayonnante image de la Vierge, re-présentent les diverses scènes de cette histoire. Dans le premier, on voitle soldat au cabaret qui perd avec désespoir; dans le deuxième, il frappela statue en blasphémait! ; dans le troisième, il est conduit en prison;dans le quatrième, on le juge solennellement; dans le cinquième, ilapparaît sur un bûcher enflammé en face de la statue; le tableau est enoutre parsemé d’inscriptions. Je reproduis la plus curieuse : «Celte imagea été faite en 1772, en l’honneur du signalé miracle arrivé à Paris rue auxOurs, paroisse Saint-Leu Saint-Gilles, le 5 juillet 1428, en mémoire dequoi les bourgeois de ladite rue, tous les ans à pareil jour, brûlent l'effigiedu malfaiteur, qui malheureusement frappa l’image de la sainte Vierge delaquelle sortit, du sang, et fut puni, par arrêt de la cour du parlement,comme il est représenté ci-dessus. »
Au-dessous de ce tableau est un has-rcliel’dcs plus précieux,qui montrebien tout le génie de la sculpture du moyen-âge. C'est un poème enmarbre divisé en trois chants: lepremierreprésenle la cène; ledeuxième.la trahison de Juda; le troisième, la flagellation. C'est un chef-d'œuvrede sculpture naïve dû à un artiste qui avait la foi.
En face, on voit encore les traces d’un beau monument funéraire de(ïirardon, élevé à la mémoire de madame de Lamoignon, de son fils etde son petit-fils. Les deux premières épitaphes étaient d’une noble sim-plicité. Pour la mere : « Elle vint au monde le 28 décembre 17)7(1; ellemourut le 51 décembre 1051. Le lieu de sa sépulture avait été désigneailleurs; mais les pauvres s'emparèrent de son corps et le déposèrent ence lieu.» Pour celle du fils, qui fut chanté parHoileau: « Le cœur deGuillaume de Lamoignon , par acte de ses dernières volontés, reposeeu ce lieu, aux pieds de sa mère; 10 décembre 1077. » Aoila bien lexvii' siècle, tout v respirait la grandeur, même les épitaphes. Patience,