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— Je vous arrête, mon gentilhomme, dit-il en mettant la main surl’épaule du cavalier.
Celui-ci, sans s'étonner, donne un coup de poing dans l’estomac deson antagoniste et le renvoie à dix pas; l’agent de police appelle an se-cours, le jeune gentilhomme veut s’élancer hors du jardin, on accourt,les hommes de police paraissent sortir de terre; ils entourent celui qui ahattu leur camarade, et après bien des coups donnés et rendus, ils s’en
emparent.... C’était Cartouche!.Cartouche a été arrêté faubourg du
Temple au cabaret de la Courtille, eu 1721.... Cartouche, l'effroi del’aris, le chef d'une bande nombreuse, qui, depuis dix ans, déjouait tousles ellorts de la police, et dont le nom populaire est devenu générique.U'adroit voleur ue désespéra, ni de lui, ni de sa fortune; il avait tantd’amis, de complices, de compères, qu’il se croyait sûr d’échapper,comme cela lui était déjà si souvent arrivé ; il y parvint par un effortdésespéré, mais il fut repris quelques pas plus loin et on l’enferma soi-gneusement dans une des prisons les plus sûres de l*aris. Son arresta-tation lit événement ; elle devint la nouvelle du jour; le théâtre s'en em-para, et tandis qu’on instruisait le procès du voleur célèbre, il était lesujet d'une comédie et d'un poème, l/auteur de la comédie pousse lesc squ’à prendre la peine d’aller consullerCartouche
sur les détails de la mise en scène de son ouvrage. Cartouche commençapar tout nier : à l’entendre il n’avait jamais dérobé un l'élu à son pro-chain ; lui voler! lui assassiner! il avait les sentiments trop élevés pourcela.On lui donna la question, il la supporta sans changer de langage;à la tin, pourtant, Cartouche consentit à parler : il passa une nuit toutentière à nommer ses amis, ses complices et ses maîtresses; Cartoucheétait adoré de trois jolies femmes ! Condamné à être rompu vif, il marchabravement au supplice; son œil interrogeait la foule et cherchait parmiles spectateurs des visages amis, des bras dévoués, il attendait l’exécutiond’une promesse solennellement faite; personne 11 e bougea, et Cartouchese trouva en face du bourreau; alors, voyant qu’il ne fallait plus comptersur sa délivrance, ni sur des secours qui 11 e venaient pas, il demanda àfaire de nouvelles révélations, sans pour cela éviter la mort cruelle quil’attendait. Le procès de Cartouche et son exécution occupèrent la capi-tale pendant trois mois et firent jouir d’une vogue nouvelle le cabaretde la Courtille où il avait été arrêté. En face même de ce cabaret, étaitun emplacement planté de marronniers, qui parut à un spéculateur unlieu propre à l’établissement d’une entreprise rivale ; c’était, en dépitdu proverbe, porter du bois à la forêt, mais les proverbes ont quelque-fois tort, et ici l’événement le prouva. Les marronniers prospérèrent; desjeux de bagues, des escarpolettes et surtout une devineresse, donnèrentla vogue au cabaret des Marronniers sans nuire à son voisin. La Cour-
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