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HL)K ET FAUUOl’IU; DU TEMPLE.
Lille servit d'asile aux buveurs, à tous ceux qui fuyaient le souper defamille, pour s’asseoir sous le tonneau avec de bons compagnons : lesMarronniers furent le lieu du rendez-vous des amants; une phrase con-venue indiquait le plaisir qu’on trouverait à s’y rencontrer :
— 11 fera beau ce soir sous les grands Marronniers.
Le spirituel Beaumarchais , toujours habile à s’emparer du dictonpopulaire qui frappent vivement la multitude, 11 ’a pas manqué de repro-duire cette phrase dans les Folles Journées : c’est par elle que Suzanneindique au comte Almaviva, le rendez-vous du soir. Vers le milieu durègne de Louis XV , l’Etat acheta la Courtille; on y a bâti une casernequi existe encore. L’existence des Marronniers s’est prolongée plus long-temps : ce refuge des amoureux du quartier les a abrité jusqu'à l’époquedu consulat; les Marronniers tombèrent alors sous la hache, et l’amours’envola pour aller s’abattre ailleurs : c’est aujourd’hui un chantier debois, et le seul lieu du faubourg où Ton fête encore Common, et Bacchus est le restaurant des Vendanges de Bourgogne , tandis que les amants nequittent pas le boulevart et vont cacher leur bonheur dans les cabinetsparticuliers du Cadran - Bleu. On trouve au faubourg du Temple unerue qui porte un nom célèbre ; le nom d’un homme, qui, enlevé trop viteà la science, n’en a pas moins surpris les secrets de la vie et ceux de lamort ; la rue Bichat.
Le quartier du Temple a été chanté dans tous les tempscl sur tous lestons; il a épuisé la verve des chansonniers :
La seule promenade qui a du prix,
La seule où je m’amuse, où je ris.
C’est le boulevart du Temple à Paris .
a dit le joyeux Désaugiers , et eu effet, les théâtres, l’hiver, y attirentla foule; Tété, ils sont le rendez-vous des buveurs de Belleville, des ren-tiers du Marais, des promeneurs qui ont passé leur journée dans le boisde Vincennes, dans les guinguettes du Saint-Mandé, de Saint-Maur , etils offrent en tout temps le panorama le plus gai, le plus vivant, le plusanimé que puissent présenter la capitale.
Marie Aïcaud.