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Tome second.
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nom, et ilo rue Vivien qu'elle était autrefois, elle sest, faite rue. Vivienne.

En prenant une si grave résolution, cette aimable rue faisait preuvedesprit; elle avait bien vile deviné que, dans la ville Dieu lavait faitnaître, cétait du côté de la robe que se trouvait la toute-puissance.

Maintenant il faut se soumettre à tous les caprices de cette rue, quiest bien une rue des plus coqnettes qui soient au monde. Entreprendrede lui faire changer de goût, ce serait tenter limpossible; on réussiraitplutôt à persuadera une jolie veuve dentrer en religion. La rue Viviennes'est créé un royaume elle régne et gouverne de la plus despotiquefaçon quil se puisse imaginer : ce royaume est lempire aérien desmodes; elle ne souffre point de rivale, et sa chaussée est un lit de l'ro-custe toutes les créations du goût viennent se plier au bon plaisir desa fantaisie.

La rue Vivienne était prédestinée à cette royauté quelle rendraitimpérissable, si quelque chose pouvait ne jamais périr; au temps de sonenfance, quand ses maisons, mal alignées et médiocrement belles, nof-fraient encore que les premiers rudiments dune rue, elle avait déjà ungoût très vif pour les chiffons et les rubans, comme ces petites filles quonvoit jouer avec des bouts de dentelles dérobées aux corbeilles de leursgrands-mamans; les colifichets lui faisaient tourner la tète; elle ne rêvaitque toilettes, et fort peu soucieuse de querelles politiques, tandis quela cour et le parlement, le prince de Condé et M. de Turennc, la grandeMademoiselle et Louis XIV , guerroyaient au temps de la Fronde, notrerue ne sinformait que des modes nouvelles et navait doreilles que pourles récits de belles fêtes. La ville pouvait se battre tout le jour, si la guerrelamusait, il suffisait à la rue de se divertir un peu le soir. Elle ne savaitpas toujours qui lemportait enfin, du spirituel coadjuteur ou du rusécardinal, mais elle savait, à coup sûr, se donnait le plus joli bal delànuit prochaine, et la brillante coquette ne songeait plus quà tailler sondéguisement pour danser une sarabande.

Nous noserions prendre sur nous de dire quelle avait choisi la plusmauvaise part dans les allaires de ce monde : lagréable et quelquefoislutile.

Déjà, bien avant la fastueuse régence, la rue Vivienne avait une galanteréputation que lui valaient ses airs de petite maîtresse ; elle était enquelque sorte la femme-de-chambre du Dalais-Royal ; mais une de cesfeinmes-de-chambre que Marivaux savait si bien esquisser avec sa plumedélicate et parfumée; délicieuses soubrettes, alertes et mignonnes,promptes à la réplique, lestes en affaires damour, et comprenant à demi-mot les choses les plus difficiles à comprendre, de ces Margols à minoischiffonné comme Tony-Johannot en dessine quelquefois.

Aussitôt quun magasin, pardon, je veux dire une boutique; en ce temps