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royaliste de Barbé-Marbois et de l’ichegru. Plus tard, Napoléon offritsous ces majestueux ombrages un banquet à sa fidèle garde impériale.
Le second Tivoli possédait, comme Beaujon et le Delta, ses montagnessoi-disant russes, où on était libre de se rompre le cou à raison de cin-quaate centimes par personne et par course ; il eut ensuite les escamoteurs,l’oiseau bleu, les Hercules du Midi et du Nord et les danseurs de corde;puis les tournois et le billard des dames ; mais à toutes les époques on yvit briller les chandelles romaines et les flammes de Bengale, rapidessymboles des passions qui se rencontraient là pour s’allumer et s’éteindreen un soir.
Durant sa longue existence de plaisirs, Tivoli ne compte guère que deuxfêtes : celle qui fut offerte à madame la duchesse de Berry, en 1829, etle bal de la liste civile, il y a trois ans. De la dernière, il n’y a rien àdire : le soleil ne voulut pas sourire à la bonne action des royalistes ; lanuit venue, la lune s’enveloppa de longs voiles funèbres ; la pluie battaitla mesure sur les pupitres ; le vent et l’orage s’engouffraient dans lescontrebasses ; si bien que les dames patronesses s’en retournèrent à leurshôtels mécontentes, morfondues et sans avoir accordé la moindre contre-danse. La fête de la duchesse de Berry, au contraire, fut favorisée par untemps magnifique; les allées de Tivoli étincelaient de verres de couleur;ce n’était partout que bouquets de feu et transparents, où resplendissaitle doux nom de Caholixe. La duchesse, appuyée sur le bras de son féalécuyer, M. de Ménars , avait peine à traverser la foule aristocratique quise pressait sur ses pas. Robertson s’élança en ballon avec une Esmeralda ;la maudite nacelle faillit deux ou trois fois chavirer en s’accrochantaux branches, après quoi Robertson et sa compagne intrépide vo-lèrent librement dans les plaines éthérées pour aller débarquer je ne.sais où. Le duchesse de Berry, lasse à la fin de tant de tumulte et dési-reuse de retourner au pavillon de Flore, donna l’ordre de tirer le feud’artifice ; il était neuf heures à peine et le dénouement n’était promis quepour dix, de telle sorte que les invités éparpillés çà et là étaient partouthormis au bon endroit. Les fusées partirent, bientôt suivies des soleils,des pyramides, des bombes, des artichauts et des temples au millefacettes enflammées. Le monde alors se prit à courir; les plus pressésarrivèrent assez à temps pour contempler le bouquet; le surplus dut secontenter d’une description du feu d’artifice.
L’heure de l’histoire a sonné pour Tivoli; ses vieux arbres tombent unà un, et le pavillon élevé sur un tertre dans une si élégante architecturede trumeau, est lui-même détruit de fond en comble. Le fermier-général,La Bouxière, qui en avait été l’édificateur, y avait consacré, sans s’enapercevoir, des sommes énormes. Les jardins allaient rejoindre ceux dupavillon de Richelieu, et on a construit la prison pour dettes sur un terrain
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