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maisons. Au troisième acte de la pièce, l'éclair de raison du pauvreécrivain s’était éteint.
La i de la maison de santé ipii n'était pas réservée aux aliénés de-vint à une autre époque, une réunion d’artistes eu tous genres et d'hommesde lettres convalescents, que le hasard avait amenés. Certain jour de lasemaine, il yavaiL réception, et le vaste salon recevait de nombreux in-vités, parmi lesquels se trouvait souvent le spirituel docteur Alibert. linsoir " ur de la Physiologie des Lassions était présent, il passa parla tète d’un des habitués, qui depuis, devint le mari d’une cantatrice cé-lèbre, d'égayer la soirée par une scène improvisée de sa composition,dont il se lit l’acteur, et pour laquelle il choisit un compère.
Le compère dit au docteur Alibert qu’il était arrivé dans la matinéeun aliéné dont la double manie était singulière : « 11 se croit théière,dit-il avec un sang-froid doctoral.
—Théière , reprit le docteur, ne paraissant pas comprendre?» A cemoment le jeune Casimir s'avance gravement au milieu du salon, le re-gard fixe, le sourire sur les lèvres ; son bras gauche est arrondi et re-pose sur sa hanche, il lient le bras droit horizontal jusqu’à la saignée,l’avant-bras se redresse perpendiculaire jusqu’au poignet, qui se recourbeen col de cygne ou de théière.
« Qui veut me faire l’honneur de prendre une lasse de thé?» dit Casimir ;et, sans attendre la réponse, il s’avance vers le docteur, imprime à soncorps un mouvement penché comme, si le thé eût été versé; il ajoute enfaisantun sourire niais : «Sucrez-vous?» et répète la scène en parcouranttout le cercle, puis il va s’asseoir à l’écart dans une attitude mélanco-lique. Le docteur Alibert se lève pour aller au malade , Casimir fait unmouvement brusque, le compère relient le médecin et lui dit : « Voici laseconde phase du mal qui se déclare; l’autre manie de ce pauvre gar-çon est de se croire réverbère .» Casimir arpente le salon et s’adressant àson compère, il lui dit d’une voix sévère : « Faites-moi l’amitié d'avertirmonsieur le préfet de police qu’on oublie tous les soirs de m’allumer...»et il ajoute : « Je suis le réverbère le plus connu de Paris , au coin de larue Saint-Honoré; mais si on me laisse sans huile, je ne réponds plus desévénements....; c’est bien assez d’avoir à lutter contre le vent... » Et voilàle jeune homme qui balance son corps et imite l'oscillation de la lan-terift agitée.
Le docteur Alibert allait parler et peut-être compromettre les théoriesde la science, quand un éclat de rire,que ne put retenir un des confidentsde la scène , mit fin à celte plaisanterie.
« Avouez, docteur, que vous m’avez cru fou, » dit Casimir en s’appro-chantde M. Alibert; le docteurpritla main de l’artiste, lui toucha le pouls,passa légèrement les doigts sur sa tête pour avoir quelque indication phré-
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