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Tome second.
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Il ALLE Ali II LE.

IS-2

qu’a l'entrainement de la foi; l'étendard des croisades couvrit, de souvoile ces platoniques amours, comme pour sanctifier les voûtes de l'hôte-1de Nesle :

Araor le vcidt et ma dame m’en prie,

One je m’en part, et moult je l’en merci ;

Quand par le gré, ma dame m’en cliasli.

Moillor reseon ne voi h ma partie.

1,histoire de l'hotel de Nesle n’offre rien de bien intéressant dans cettepremière phase de son existence. Son inconstance patronimique mériteseule d’être mentionnée.

En 1527, il s’appela hôtel de Bahaigue ou Bohème, de Jean de Luxem-bourg, roi de Bohême, qui y demeurait.

En 1588, il appartenait à Louis, ducd’Orléans, qui fut depuis Louis Xll.Il prit, alors le nom de son nouveau propriétaire; mais en même tempsqu’il s'était débaptisé, il s’était aussi considérablement agrandi, et Y hôtel(l’Orléans , avec ses jardins immenses, ses longues galeries et son vaslopréau, occupait tout remplacement compris entre la rue Coquillére, larue d'Orléans et celle des Deux-Ecus. (Vêlait beaucoup, ce n'était pointassez.

En 1491), lecouvenl des Eilles-l’énitenles possédait la totalité de VhéUcld’Orléans, en partie donné par le roi Louis XII à cette communauté re-ligieuse, en partie acheté par elle à Hubert de Framezelles, chambellandu roi.

Voilà donc l'hôtel devenu couvent.

Aux refrains bachiques des joyeux compagnons du duc vont succéderles pieux cantiques des saintes femmes; les voûtes sonores, qui retentis-saient la veille sous le pas éperonué des chevaliers , ue rediront plus quele doux murmure des oremus. Le séjour de la reine Blanche ne pouvaittomber en de meilleures mains, espérons que les vertueuses traditions dela mère de saint Louis s’y conserveront intactes et pures !

Mais, hélas! les mœurs du temps ue sont pas, à beaucoup près, aussiédifiantes que nous l’avions rêvé, et s’il faut en croire les naïfs chroni-queurs de l’époque, les jolies pénitentes du couvent ne tardèrent pasà se consoler entre elles des rigueurs d’une réclusion forcée : il esl avecle ciel des accommodements, etle cloître n’est que letrait-d’union du cielet de la terre.

En 1571, l’hôlel de Nesle avait déjà changé trois fois de nom et quinzefois de maître ; il ne pouvait s'arrêter en si beau chemin. Son humeurinconstante s’arrangeait mal du long séjour des nonnes ijnil’iiabitnienldepuis près d'un demi-siècle. Il ne fallait qu'une occasion favorable pour