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qu'ils lie purent forcer, et, tuant tout ce qu’ils rencontraient, mirent vé-ritablement Paris à feu et à sang. Us préludaient ainsi à quatre siècles dedistance, aux massacres de septembre ; Bourguignons et Septembriseursétaient dignes de leurs chefs: Cappeluche était frère de Marat .
Nous n’en finirions pas si nous voulions évoquer tous les actes de fé-rocité dont le parvis de l’église Saint-Eustacbe fut le théâtre. Dans l’his-toire des vieilles églises de Paris , le sang vous mouille parfois la cheville;à Saint-Eustacbe il y en a jusqu’au genou.
Par bonheur, ce qui nous reste à dire est d’un genre beaucoup moinslugubre; le burlesque se trouve souvent à côté de l’horrible.
Les confrères de la Passion , ces joyeux paroissiens du curé de Saint-Eustacbe, vinrent égayer parfois la sombre monotonie de ces sanglanteschroniques: le bruit des grelots succède aux sons plaintifs du tocsin.
Depuis que ies confrères de la Passion s’étaient installés dans son quar-tier, d’abord à l’bôtel de Flandres , rue Coquillière, ensuite à l'hôtel deBourgogne, rue Mauconseil, jamais curé ne vécut en plus mauvaise intel-ligence avec ses ouailles que Ilené Benoît, curé de Saint-Eustacbe, avecces comédiens.
C’était entre eux un touchant et continuel échange de petites taquine-ries fort peu édifiantes.
En ce temps-là, les théâtres n’étaient pas précisément ce qu'ils sontaujourd’hui, le public ne venait pas toujours prendre son billet à laporte, par l’excellente raison qu'il n’y avait pas de billets. Que faisait lethéâtre alors? Personnifié dans son directeur, il mettait sur ses épaulesun tambour retentissant, s'en allait chercher son public au premier car-refour venu,et l’alléchait à grand renfort de promesses pompeuses et deroulements de caisse qui manquaient rarement leur effet. La pointe Saint-Eustacbe était l’endroit adopté de préférence par les comédiens de l’hô-tel de Bourgogne pour leurs périodiques appels, et maintefois les bonsbourgeois de Paris , se rendant aux offices du dimanche, interrompirent,sous le porche même de l’église, leur signe de croix commencé pouraller entendre de plus près les facétieuses annonces de Jean Serre oude Jean du Pontalais. Ce Jean du Ponlalais devint le principal acteur del’hôtel de Bourgogne; il était à la fois auteur, acteur, souffleur, machi-niste et aboyeur de son théâtre, et l’héritier direct de Pierre Gringoirc,autre célébrité du théâtre des Enfants sans souci.
Un jour, Pontalais vint battre la caisse jusque sous la gargouille deSaint-Eustacbe; le curé, bruyamment interrompu au milieu de son prône,éleva la voix; Pontalais battit plus fort. Impatienté, le curé descend de sachaire en grande hâte et va droit à Pontalais : « Qui vous a fait si hardi dejouer du tambourin pendant que je prêche, lui dit-il ? » Pontalais, sans sedéconcerter, lui répond : « Qui vous a fait si hardi de prêcher tandis que