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Tome second.
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DE LA MON .N AI K.

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11 ili défend le |mnt Saint-Mieliel, et Legast qui vient de poster sa compa-gnie sur le Petit-Pont; mais, à quoi lion tout cela? que faire, et que ré-soudre, contre un mal à peu prés sans remède?

Le, peuple s'inquiète de ces préparatifs extraordinaires, qui, selon moi,ne le sont pas assez; les chefs de la Ligue ont ré ’ ’ecertains bruits:on parle d’un pillage général, et les marchands ne plaisantent, jamaisen semblable matière : ils ont la faiblesse de ne vouloir pas être pillés.Holà! entendez-vous le cliquetis des épées, le bruit des arquebuses et. despertuisanes? et le tocsin qui fait trembler toute la ville? et le retentisse-ment des chaînes que l'on vient de tendre dans les rues? et les cris deces ouvriers de l’insurrection qui forment, avec des planches, des ton-neaux et des pierres , les citadelles de la Ligue, des barricades qui ontl’air de vouloir frapper sur les portes du Louvre, en guise de béliers? Ehbien ! êtes-vous fâché de votre petite promenade historique dans le quar-tier de la Monnaie? quanta moi, je ne suis pas fatiguée le moins dumonde, et je continue, si vous voulez bien me le permettre.... ; mais il est.trop lard : la bataille est finie; les Suisses , qui manquent de chefs, ontété chargés parles Ligueurs, et comme ils faisaient mine de vouloir mou-rir pour leur maître, on les a tués presque sous les yeux du roi! — Latoile tombe sur ce tableau, et la couronne royale aussi.

Et la reine-mère et le roi, que font-ils en ce moment dans les cou-lisses du théâtre des barricades? La reine-mère monte en tremblant dansson coche, et s’en va prier M. de Guise de mettre fin â ce tumulte révo-lutionnaire; M. le duc lui répond qu'il ne peut guère retenir de vérita-bles taureaux échappés; il déclare ne pas être disposé à se jeter en pour-point an milieu de ses ennemis ; d’ailleurs il proteste de son dévouement,si bien qu’il s’avance tout seul jusque sur la barricade du Petit-Bourbon,et la reine-mére entend crier trop distinctement : Vive Guise ! vive notresauveur !

Henri 111 entendit aussi les cris des Ligueurs, et il s’effrava pour sapersonne royale; il affecta une contenance assez calme, en voyant bienque tout était perdu ; il parla de réprimer le désordre qu’il n’avait passu prévenir; il proposa d’assembler le conseil et. de faire justice auvgrands et aux petits; comédie que tout cela , et la pire des comédies po-litiques...., celle de la peur! Sous le prétexte d’une promenade aux Tui-leries, le roi se fit accompagner de MM. de Montpensier et de Longue-ville, bien résolu â se promener jusque dans la ville de Chartres.

Près de quitter Paris , presque seul, et déjà sans couronne, Henri 111s'arrêta un instant à Chai Ilot ; il voulut jeter un dernier regard sur sa ca-pitale infidèle, et il s’écria , les yeux mouillés de larmes : « Ville ingrate» et déloyale ! ville que j'ai toujours honorée d'une continuelle demeuranee,» que j’ai plus enrichie qu'aucun île mes prédécesseurs, je ne rentrerai ja-