Band 
Tome second.
Seite
260
JPEG-Download
 

ment re_ et composent une espèce de trophée en l'honneur des

Juives illustres.

Comme nous, lectrice, vous n’auriez pu résister au désir de vous pen-cher sur le miroir de Marie de Médicis , et si les groupes d’amour sculptéssur le cadre d’or vous eussent inspiré quelque pensée profane, laVierge et les saints, qui tournent le dos a ces petits Cupidons, vous au-raient rappelée bien vite à des idées plus sévères.

Nous recommandons aux disciples de l’hilidor l’échiquier du roi saintl.ouis, dont les cases et les pièces sont en cristal de roche et montées enargent doré. La bordure d'encadrement est creuse et renferme de petitesfigurines en bois sculpté représentant des tournois; sous le parquetagesont des fleurs en argent découpées et dorées; le dessous et le pourtourextérieur sont couverts d’appliques en argent repoussé. Cet échiquier,précieux à cause de sa date etde son bel état de conservation, doit être unouvrage allemand du xv'siècle. 11 est décrit dans l’inventaire des diamantsdelà couronne, imprimé en 1791, par ordre de l’Assemblée constituante ,et il est mentionné comme ayant été donné au roi par le Vieux Lamon-tagne. Les commissaires sans-culotte chargés de procéder à l’inventaireauront cru, dans leur ignorance, devoir sacrifier la particule du Vieux dela Montagne aux principes d’égalité dont ils étaient les apôtres si intelli-gents.

Ce jeu a été apporté aux Tuileries sous la Restauration; une de sespièces fut égarée, et alors Louis XVIII en fit don à son valet de chambre,M. lebarondeVille-d’Avray, qui le vendit 1,200 francs à M.Dusommerard.

Dans la salle à manger, sur de magnifiques buffets ou dressoirs riche-ment sculptés, on admire de belles faïences de Flandre et d’Italie , et demagnifiques plats ronds représentant des sujets mythologiques ou peuplésen relief d’écrevisses, de coquillages, de poissons et d’herbes marines.Ces poteries sont tout simplement de Bernard de l'alizzi, ce grandartiste dont le génie persévérant lutta contre la matière rebelle, jus-qu’au jour où, pour faire sa dernière expérience, il fut réduit à chaufferson four des débris de son mobilier. Cela ne vous rappelle-t-il pas l’hé-roïque action de Guillaume-le-Bâtard , brûlant sa flotte sur les côtesd’Angleterre et criant, à ses compagnons : « Nous vaincrons on nousmourrons ici. »

Au milieu des lutrins, des mitres, des crosses, des châsses, des cha-subles, des coffres, des stalles, des chappiers, des prie-dieu, objets tirésen grande partie des villes relevant de l’ancien ducbé de Bretagne , nousavons remarqué une cordelière d’Anne, fille du dernier duc. Cette prin-cesse avait institué pour les dames de sa cour, en l’honneur, dit-on, descordes de la Passion et du cordon de saint. François d’Assise , patron duduc son père, l’ordre de la Cordelière, qu’on n’obtenait qu’à des condi-