COMPOSIT. LlTTÉlt. DE FREDERIC. 85
portai en sortant du château: mais ce que jevenais de voir était plus que suffisant pour
térieurs , quels reproches n’avait-il pas à faire à son mariet à elle, qui, sans le consulter, ni même le prévenir,venaient de signer un traité avec l’empereur !.... Danscette position, lui, homme d’un grand caractère, devaitpunir une telle faute ; frère, il avait à venger l’outragequ’il recevait ; chef de sa famille, il avait à maintenir sesdroits ; prince résolu à adopter la plus stricte économie,il devait profiter de cette occasion pour prévenir les de-mandes de secours de la part de parents pauvres et va-niteux ; roi, il devait écarter à jamais des affaires unemère qui , depuis vingt ans, dupe d’une des femmesattachées à son service, sacrifiait à cette créature etles intérêts de l’état et ses propres enfants Il n’y adonc rien dans les reproches que je repousse qui ne soitune apologie et ne justifie entièrement Frédéric , rienqui révoque en doute qu’il n’ait été bon et sensible toutesles fois que, comme roi, il a pu l’étre.
Mais indépendamment de ces faits, mille autres encoreétablissent cette assertion par des preuves irréfragables.Elles existent, en effet, dans ses attentions constantes poursa famille; dans ses soins aussi délicats que minutieuxpour sa sœur Amélie; dans les larmes qu’il répandit à lavue du corps du grand électeur son aïeul ; et dans ledeuil de sa mère, que par un signe particulier il portatoute sa vie. Elles se trouvent dans sa gaieté habituelle etdans son besoin de la société, autant que dans sa répu-gnance, presque invincible, à signer une sentence de