go ÉTUDES, OPINIONS,
cette sensibilité qui fait l’apanage des bellesâmes, vu que ce n’étaient que ses vues ambi-tieuses, sa politique et son propre intérêt quilui arrachaient des larmes? Mais, sans observerque les intérêts de la politique et l’ambitionn’arrachent pas de larmes aux rois, et surtoutà un roi qu’une triple gloire couronne, qui ajamais dit que la sensibilité consistât à s’atten-drir pour rien ? Ceux qui ont de grandes dou-leurs pour de petites causes, ou des douleursplus modérées sans sujet, ne sont pas sensi-bles, ils ne sont que faibles. Ce que je m’étaisdemandé à moi-même, c’est si Frédéric con-naissait bien réellement la sensibilité du cœur,même pour les causes les plus légitimes; ou sichez lui ce principe de tant de vertus n’étaitqu’un calcul de l’esprit : et le spectacle dont jevenais d’être témoin avait décidé la question.
Mais si Frédéric était réellement né sensible,ainsi que je le prétends, comment expliquerla fermeté de son caractère en tant d’occasions,ou même, si l’on veut, la dureté froide et in-flexible de son âme?... Il ne me semble pas queces deux choses soient inconciliables ; ce princeeut, comme on le sait, de grandes infortunesavant d’être roi : son amour pour la princesse