COMPOSIT. LITTER. DF. FREDERIC. 10.)ni à modérer , ni à dissimuler, il saisit uneplume avec vivacité, et dit : « Eh bien! il n’y a»qu’à remplacer cette phrase par telle autre. »Et, à l’instant même, il écrivit sa nouvellephrase. Ce qu’il y eut en ceci de très embar-rassant pour moi, c’est que sa nouvelle phrasene valait pas la première pour le fond de lapensée, et qu’elle renfermait également un so-lécisme, qui, à la vérité , était d’une autre es-pèce , mais qui n’en était ni moins sensible , niplus tolérable. Je vis le danger qui me mena-çait, et je résolus de le braver, par cette seuleraison que c’eût été me rendre coupable enverslui, que de l’exposer à une juste critique, pourn’avoir pas eu le courage de lui dire la véritéJ’observai donc que la substitution de cette se-conde pensée à la première ne pouvait rien fairegagner au discours, et qu’elle renfermait égale-ment une faute contre la langue, faute que j’in-diquai, et que j’assurai ne pouvoir pas être plustolérée que la précédente. Cette, nouvelle criti-que le mit aux champs : je le vis devenir su-bitement rouge, les yeux enflammés, l’air duret menaçant, et toute la physionomie annon-çant un homme disposé à prendre un partiviolent. Il rejeta la plume à côté de l’encrier,
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