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Tome premier.
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104
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104 ÉTUDES, OPINIONS,

en disant : « Il n’y a donc qu’à laisser la phrase» comme elle est. » Je suis persuadé qu’il n’a pasété plus hors de lui, lorsqu’il s’oublia au pointde donner des coups de botte dans les jambesà un de ses ministres d’état; je ne craignais pascependant d’en recevoir; ma qualité d’étrangerme rassurait, vu qu’il ne s’est jamais abandonnéà cette vivacité qu’en vers quelques uns deses sujets. Mais je m’attendais à être brusque-ment renvoyé, pour ne plus être rappelé; si-tuation pénible, dans laquelle toutefois je con-servai la tranquillité et le calme que donne laconviction que l’on fait son devoir. Il ne mefut donc pas difficile de prendre la résolutionde me justifier avant d’être congédié, et de memontrer tel que j’étais. Pour cela tout monextérieur indiqua combien je me renfermaisdans ce que les convenances pouvaient exigerde moi : j’eus l’air attristé, mais non abattu ; mavoix fut celle d’un homme pénétré, mais in-flexible; et ce fut en parlant lentement, d’unton bas, concentré, et dans une attitude sim-ple , modeste et immobile, que je lui dis : « Je«conjure très humblement, mais très instam-«ment votre majesté, de vouloir bien considé-» rer que pour ma famille et pour moi je n’ai