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ce qu’il lui faut: il n’y avait, en effet, que devieux et très grands fauteuils clans le cabinet desa majesté. « Prenez, me dit-il, la première» chaise que vous trouverez. » Ainsi la sévère etminutieuse étiquette transforma les fauteuilsen chaises , et même en tabourets '.
Je pris donc un de ces tabourets de nou-velle fabrique, et je lus Figaro , que le roi cri-
' A propos de l’étiquette, qui ne permettait pas de s’as-seoir chez le roi, l’éditeur de la troisième édition decet ouvrage cite l’anecdote suivante. Voy. t. I, p. i3.
Frédéric ne prononça qu'une seule fois les mots...donnez un fauteuil , et ce fat une raillerie. M. deNéal, ancien gouverneur d’un établissement hollandaisdans les Indes , y amassa une fortune considérable. Deretour en Europe , soit qu’il se fût rendu coupablede quelques exactions, ou que la jalousie lui eût créédes torts, il fut dénoncé au tribunal des états-géné-raux. Frédéric sut et les querelles qu’essuyait l’an-cien gouverneur, et les dangers qu’il courait. Dans sonactive surveillance pour découvrir les ressources pro-pres à vivifier ses états , il recherchait les hommes in-dustrieux ou riches. Néal écouta des offres séduisantes,et régla lui-méme les conditions auxquelles il consentaità devenir sujet prussien. Créé chambellan et comte, ileut l’honneur d’être présenté. Fidèle à son usage d’adres-ser des questions, Frédéric lui demanda: « Aviez-vou.<« une très grande existence comme gouverneur ? » Le bon