COMPOS1T. L1TTJÉR. DE FRÉDÉRIC. 151
desservir à dessein qui que ce fût ; mais lescourtisans ne croient guère à l’honnêteté :calomnier n’est à leurs yeux que deviner etjuger avec sagacité; et comment ceux dont lepremier principe est de ne substituer que desscrupules de politique aux règles de la moralepourraient - ils admettre chez les autres cequ’ils n’ont plus eux-mêmes ?
Ge fut donc à l’unanimité que l’on con-clut dans ce conciliabule que ma vocation àPotsdam serait fâcheuse pour tous, qu’il fal-lait aviser aux moyens d’amener le roi à re-noncer à cette idée, et que tous devraient con-courir à assurer le succès des moyens aux-quels on se serait arrêté. Mais quels moyensprendre ? Le caractère de Frédéric , sa mé-fiance, l’extrême finesse de son esprit, l’ha-bitude où il était de réfléchir sur tout, l’es-pèce d’indocilité avec laquelle il aimait à seraidir contre les désirs qu’il démêlait dansl’âme des autres ; tout concourrait à multi-plier , pour ces messieurs , les obstacles etmême les dangers. Frédéric était difficile àmanier ; et entreprendre de le faire revenird’une de ses résolutions sans réussir, c’étaitse perdre. Peut-être n’auraient-ils su que se