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VOYAGES
soutenir, ce qui ne pouvait se faire qu’en l’ag-gravant. Le vis-à-vis riposta sur le même ton :à chaque réplique, les choses devenaient plussérieuses, les expressions plus énergiques, etle ton plus ferme et plus animé, au point quele défenseur du militaire français était sur lepoint de jeter son assiette au comte , du moinsM. de Wartensleben et ses camarades en ju-geaient ainsi, et étaient près de dire... C’est leroi de Prusse, lorsque le colonel placé à ladroite de l’étranger fit à son ami des signes siextraordinaires et si expressifs, que tout-à-coupce dernier resta immobile, les yeux fixés surson assiette, ne parlant plus, et paraissant neplus entendre. Monsieur le comte eut aussi,et comme tout le monde, quelques instants derecueillement: il ne s’y livra toutefois pas long-temps. Il parla d’autres choses, et redevintbientôt aussi aimable qu’il l’avait été au début.Lorsqu’on se leva de table, le colonel vis-à-visn’eut rien de plus pressé que de joindre sonami, et délai demander ce que signifiaient lessignes qu’il lui avait faits. La réponse de cedernier fut : « Ce comte est un prince déguisé;
» et voici les preuves que j’en ai: il n’est servi«que par ce jeune homme que vous avez tou-