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duchesse revint, et me sauva de l’embarras oùme mettait la ténacité de cette princesse, àlaquelle d’ailleurs j’avais dit tout ce qu’on pou-vait dire à ce sujet. Les deux sœurs s’en allè-rent chez la reine, en me souhaitant le bonjour,et je m’en retournai chez moi tout occupé ducaractère singulier de cette princesse.
Il semblait qu’il ne lui restât plus d’autresjouissances que ce qui pouvait affliger les au-tres : quand elle avait du monde à souper, ilfallait qu’il y eût dans sa société quelque vic-time immolée à la méchanceté commune. C’estainsi qu’elle n’invitait pas madame du Trous-sel , l’une de ses plus anciennes connaissances,et celle qui se prêtait le plus volontiers auxespiègleries, sans avoir en même temps uneveuve de Bonin , dame d’un excellent esprit,mais qui, par une faiblesse inconcevable,ne pouvait perdre une seule partie au jeu,que les larmes ne lui couvrissent les joues; ettoujours la princesse les faisait placer à lamême table, et disait d’avance à la première:«Écoute, joue le mieux que tu pourras, pour>; faire perdre la Bonin: fais-la bien pleurer,’> pour l’amour de moi. »
Lorsque la cour eut ordre de se sauver à